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03.07.05

sous-entendu

(amanite safran - Amanita crocea, Bois des Ramiettes, Theys, Isère, le 3 juil. 05) L’ove : sorte d’ellipse du langage qui se concentre sur le sens de la vie. (mais qui de la Nature ou de la poule a fait ce champignon ?)
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29.06.05

décolletage

(pulsatille des Alpes, Pulsatilla alpina - Col de Nordy, Saint-Michel en Beaumont, Isère, le 11 juin 05) On s’aime, un peu, beaucoup, passionnément… Et puis un jour, plus du tout. Mais longtemps après la fanaison, les cheveux gardent la douceur des mains qui s’y étaient perdues.                                         ______________________________ On ne peut pas se préserver d’avoir été. La porte qu’on... [Lire la suite]
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27.06.05

le mur, toujours le mur

(sur les toits de Marrakech, quartier de la Médina, Maroc, le 9 avril 05) Mahmoud Ahmadinejad a remporté l’élection présidentielle en Iran. Quelle détresse collective, quelle déroute de l’âme peut conduire un peuple à élire un homme réputé ultra-conservateur et radical ? Réflexe au fond banal en ces temps de disette d’idéal : c’est encore un populisme, accessoirement religieux, qu’on voit s’imposer, porté par le grondement social. Refrain de la sanction aussi : le peuple iranien a voulu montrer au réformateur Rafsandjani sa... [Lire la suite]
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23.06.05

heart und dreisig (note à moi-même)

(girafe réticulée, Pan Etosha, Namibie, le 13 août 03) Autoportrait au chewing-gum – goût : jour qui passe d’une année. Ruminations. Que faut-il penser de ces vingt-trois juin (jolie date au demeurant parce que pleine d’oiseaux, de soleil, d’été et de fleurs), qui s’empilent dans les mitochondries, troublent le liquide cytoplasmique, rayent le disque intervertébral, rognent le bulbe rachidien et strient le coin des yeux ? Des deux ventricules, encore à peu près fiables, pulse un message, un réflexe myotatique relayé par le... [Lire la suite]
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21.06.05

procession d'effroi

(ascalaphe soufré - Libelloides coccajus, Col de Parquetout, Saint-Michel les Beaumont, Isère, le 11 juin 05) L’été ferme les prières. Il absout les consciences, signe les permissions. Nulle délivrance pourtant. Aucun vent pour écarter l’herbe cramponnée à sa pauvre terre jaunissante, aucune pluie pour détordre les molles courbures du blé. Papillons comme cent petits chiffons pendants. Cigales comme cymbales désassemblées. Après le printemps, ce n’est plus le bonheur, ce n’est plus l’harmonie. Juste un qui-vive somnolent au front... [Lire la suite]
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18.06.05

the kid stays in the picture

(Aït-Harbi, "les doigts de singe", Gorges du Dadès, Maroc, le 11 avril 05) Les dernières lumières du jour sont les plus douces. Est-ce à dire que les dernières heures de la vie sont les moins amères ? Quelles images du passé reviendront marauder sous le lit du renoncement ? Que restera-t-il, à ce moment presque tari, des paysages de nos voyages, des oiseaux multicolores, des rires partagés, des joies de l’amour ? On peut douter de leur triomphe lorsqu’à la turbulence des semaines succède déjà une remémoration... [Lire la suite]
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15.06.05

contre-pied

(San Sebastian, Espagne, le 31 décembre 04) Le temps déroute le cœur. Enfant, j’ai eu des passions turbulentes pour les fêtes foraines, les guitares électriques et les pétards à mèche. Peu à peu, je me suis mis à trouver du charme au silence des fleurs, à la lumière du soir, aux hérons immobiles des bords d’Isère. C’est quand la main de la mère se retire qu’il nous faut trouver d’autres caresses. On apprend alors à épier l’ombre, à lui chercher sa douceur, sa tiédeur secrète. Et c’est déjà comme si l’on se laissait aller,... [Lire la suite]
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12.06.05

la turquine

(bleuet, Col de Parquetout, Saint-Michel en Beaumont, Isère, le 11 juin 05) J'aimais la grâce distante, presque sévère, dont elle parait ses gestes dès qu'elle sentait mon regard sur elle. Les fils barbelés autour de son coeur ne me dissuadaient pas, ils aiguisaient au contraire mes propres armes. La cruauté, la netteté de cette enceinte étincelante, proclamait la rigueur acérée que je devais investir pour réussir à la séduire.
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09.06.05

aurai-je aimé?

(oasis de l'Erg Chebbi, Merzouga, Er-Rachidia, Maroc, le 13 avril 05) L’amour est la mémoire du plaisir. Il conserve toutes ses résonances, en consigne les éclats dans un cahier que l’on feuillette jour après jour – et les mains qui tournent les pages s’appellent la tendresse. L’amour est le passé présent, le passé de tous les plaisirs qui ont incarné en lui ses promesses. Ce qui l’ébrèche, c’est la cristallisation de plaisirs trop anciens, et tandis que le corps doit s’inventer de nouveaux sangs pour survivre.
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08.06.05

le soir, jour après jour

(rainette méridionale - Hyla meridionalis, Aït Harbi, Gorges du Dadès, Maroc, le 11 avril 05) C’est dans l’attente que les choses se font. Le silence et l’immobilité, quand ils ne sont pas une résignation, remplissent les veines, préparent les cœurs et déplient les âmes. La fenêtre ouverte sur la nuit donne un nouveau sens aux jours. Jamais l’avenir ne promet d’être aussi fascinant qu’en ces moments imprégnés d’ombre et de doute, où le noir et la lumière se confondent.
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