avant la lettre

[pages en regard]

18.06.05

the kid stays in the picture

enfant_maroc
(Aït-Harbi, "les doigts de singe", Gorges du Dadès, Maroc, le 11 avril 05)

Les dernières lumières du jour sont les plus douces. Est-ce à dire que les dernières heures de la vie sont les moins amères ? Quelles images du passé reviendront marauder sous le lit du renoncement ? Que restera-t-il, à ce moment presque tari, des paysages de nos voyages, des oiseaux multicolores, des rires partagés, des joies de l’amour ? On peut douter de leur triomphe lorsqu’à la turbulence des semaines succède déjà une remémoration languide : ce sont les instants humbles et fragiles, toujours les mêmes, qui reviennent dans un souffle à peine contenu. Au fond des jours tassés de chaleur comme au perron givré des nuits d’hiver, il y a un enfant qui se promène sans sourire sur les crêtes rocheuses. Il questionne ses mains remplies d’odeurs, scrute les cailloux qui brillent, écoute la chanson du ruisseau. Je ne suis pas forcément pressé de trouver un sens à ces images.

Posté par Richard G le 18.06.05 - blanc - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    Séduite...

    Excellent !
    Magnifique une fois de plus.

    Et je suis la première à le dire, nananère !

    Posté par , le 19.06.05 à 13:07
  • Tous les poètes essaient de trouver un refuge dans cette fausse ignorance et c'est notre seule chance de bonheur.

    Posté par , le 19.06.05 à 15:15
  • Alors que non sans peine et solitude d'âme je réintègre ma vie fastidieuse, je ne cesse précisément de me poser cette question, "que restera-t-il ?". Le bonheur d'un dénouement heureux fut inouï. Mais à présent ?

    Pour les joies de l'amour j'ai bien peur de connaître déjà la réponse. Et ce n'est pas (seulement) une question d'âge.
    Pour tout le travail accompli, j'ai quand même un espoir, celui de quelques compétences ou amitiés épargnées.

    Cette si belle note, Richard, et la photo qui l'accompagne, sont exactement dans le ton de mes pensées du moment. Ca fait du bien. Merci.

    Posté par , le 19.06.05 à 17:44
  • Mémoires anciennes.

    Holà,gardeur de troupeaux
    là-bas au bord de la route
    Que te dit le vent qui passe?
    Qu'il est vent ei qu'il passe,
    et qu'il passait déja auparavant
    Et qu'il passera encore après.

    Et à toi que dit -il?

    (Pessoa)

    Posté par , le 20.06.05 à 08:59
  • Jolie comparaison que la vie et la journée.
    Je conserve cette idée que nos pensées suivent ce rythme de montagnes russes, en naissant et s'assoupissant.

    Posté par , le 20.06.05 à 11:30
  • mes pensees graveront mes veines telle l'ecorce d'un arbre centenaire...la seve qui toujours coulera alimentera et redessinera mes derniers instants, la derniere lueur n'en sera que plus douce...
    les mots en harmonie avec l'image donne une impression de serenite...
    je repasserai...

    Posté par , le 20.06.05 à 11:34
  • émotion

    ton texte est superbe, tout comme l'image

    Posté par , le 20.06.05 à 14:52

Poster un commentaire