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15.06.05

contre-pied

enfant
(San Sebastian, Espagne, le 31 décembre 04)

Le temps déroute le cœur. Enfant, j’ai eu des passions turbulentes pour les fêtes foraines, les guitares électriques et les pétards à mèche. Peu à peu, je me suis mis à trouver du charme au silence des fleurs, à la lumière du soir, aux hérons immobiles des bords d’Isère. C’est quand la main de la mère se retire qu’il nous faut trouver d’autres caresses. On apprend alors à épier l’ombre, à lui chercher sa douceur, sa tiédeur secrète. Et c’est déjà comme si l’on se laissait aller, vaguement, vers la fin des choses. On peut rester très longtemps sur le seuil. Disons cinquante ou soixante-deux ans.

Posté par Richard G le 15.06.05 - noir - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    Touchée!

    Je ne parle pas souvent mais je passe toujours. Et celui-là m'est allé droit au coeur!

    Posté par , le 15.06.05 à 04:21
  • Toujours, toujours.

    Et comme Catherine.

    Posté par , le 15.06.05 à 09:30
  • magnifiques photos

    c'est superbe !
    meloraa

    Posté par , le 15.06.05 à 10:20
  • Le léger satin de cette eau tranquille oblige à la pudeur. La beauté du tout - texte et image - ramène chacun à son essentiel. Le début et la fin des choses nous échapperont toujours, merci pour cet instantané.

    Posté par , le 15.06.05 à 11:21
  • J'arrive un peu tard, mon épouse a parlé pour moi.

    Posté par , le 15.06.05 à 11:58
  • Au pied de la lettre...

    Cinquante ou soixante deux ans....vraiment?

    Posté par , le 15.06.05 à 12:33
  • Plume

    léger, tendre, doux, une plume passe et je l'apprécie.

    Posté par , le 15.06.05 à 18:24
  • Cette ombre...

    Elle bouge presque.
    Mais elle n'est pas à la fin de ses peines, puisqu'elle se situe au milieu d'un océan sans fond...

    Posté par , le 15.06.05 à 21:26
  • Perplexe moi aussi sur la précision de ce "soixante-deux" ans... mais c'est aussi ce qui fait le charme de ce magnifique texte. Et la photo est superbe également, mais ça devient presque galvaudé de le dire

    Posté par , le 16.06.05 à 11:01
  • La bravade des enfants

    C'est l'eau qui commande tout:
    le regard et le geste
    mais il suffirait qu'une pensée en dépasse une autre et il y aurait ... peut-être ...ici ,un drame ou là-bas, un bateau prodigue ...une sorte d'Ailleurs à l'horizon , dans l'à-venir ardu d'une quête d'abysses...
    On ne sait jamais ce qui se trame véritable -ment dans la bravade des enfants.

    Posté par , le 16.06.05 à 20:43

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