avant la lettre

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02.12.05

d'ailleurs il n'y avait personne

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(Confolens-le-bas, le Périer, Isère, le 20 nov. 05)

A leur façon de se regrouper, on voyait bien que les maisons sentaient le froid venir. C’était deux jours avant les premières neiges, juste au passage du soleil à la nuit. Maintenant, cette image est un souvenir. Le hameau s’agrippe toujours à la pente, mais c’est la glace qui le fixe à elle. Sans clocher pour entendre le temps, les hommes qui restent là n’ont plus d’âge. Leurs lèvres givrent. Ils n’arrivent pas à se parler alors ils chuintent, boivent pour chuinter encore. Un enfant malade ? Non, c’est le vent qui gémit plus fort qu’eux. On dirait qu’ils attendent depuis toujours, mais on ne sait pas trop quoi. Ils attendent ou ils sont morts. Ce qui est un peu la même chose.

Posté par Richard G le 02.12.05 - noir - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    Eh !!!!! Mais c'est mon petit coin secret de ballade ça !!!!

    DM, avec des vrais morceaux, d'origines du fin fond de la Matheysine dedans...

    Posté par , le 02.12.05 à 01:11
  • Attendre, un peu comme mourir ? Ah oui ? Pas d'accord, enfin pas tout le temps, en tout cas !

    Mais les pauvres, avec ce froid...

    Posté par , le 02.12.05 à 10:41
  • DM, alors peut-être qu'on s'y est croisés... C'est un coin magnifique n'est-ce pas?

    Anne, certes pas tout le temps, mais dans comme le temps chez eux n'existe plus... Avec ce froid, ils sont au moins cryogénisés. Peut-être échapperont-ils ainsi à nos prochaines catastrophes.

    Posté par , le 02.12.05 à 17:14
  • Ta photo ressemble à un tableau peint et parvient à être très lumineuse malgré ton texte un peu morbide...

    Attendre = être mort
    or
    hiberner = survivre

    Alors, que faire ?

    Posté par , le 02.12.05 à 17:16
  • C'est une impression ! Photo prise depuis le versant d'en face, de loin, d'où le grain qui vieillit l'aspect. Pour ma part, je voyais ces toits certes lumineux mais auréolés d'une lumière blafarde. Et les arbres, surtout, faisaient au mieux faussement vivants, sinon maladifs et étouffants.

    Posté par , le 02.12.05 à 17:32
  • Ils n'ont rien de mort : ils vivent les choses, les admirent, les façonnent. Ils font partie de l'histoire : s'ils étaient morts, leurs maisons ne se seraient pas regroupées sur ta photo.
    D'ailleurs, y'a pas si longtemps, ils m'ont offert un petit blanc. Ou un genépy, je ne sais plus.

    Posté par , le 02.12.05 à 20:55
  • Jibé, tu ne sais plus? Tu es mort toi aussi?

    Posté par , le 02.12.05 à 23:15
  • Boudiou Jibé ! confondre le génépi et le blanc c'est dieu pas croyable !!

    Attendre et mourir ... dans l'un, il reste de l'espoir, l'autre plus.

    Beau portrait.

    Posté par , le 02.12.05 à 23:28
  • Ou alors c'était de la vulnéraire... aïe, c'était peut-être un mélange...

    Posté par , le 03.12.05 à 08:58
  • En fait, mon camp de base est à Entraigues... (ma future tombe aussi.... soyons gais !!!!)

    Posté par , le 03.12.05 à 15:16

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