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avant la lettre
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14 février 2006

sept ans de malheur

frozen1
(Freydières, Revel, Isère, le 11 fév. 06)

Les gens, parfois, sont des miroirs qui nous renvoient violemment ce que nous avions cru cesser d'être. Nous nous étions réconciliés avec nous-mêmes et nous voilà brouillés à nouveau, alourdis soudain d’anciens doutes, lestés de vieilles maladresses. Et alors le sol craque sous nos pas - comme la glace sous les circonvolutions du patineur.

La membrane est-elle donc à ce point ténue entre le présent qu’on pensait si fiable et le passé presque oublié ? Par quelle porosité secrète les deux chambres de nos vies poursuivent-elles leurs échanges ?

Et ces personnes-là, qui découvrent des pans de chairs affadis ou affaissés, de quel pouvoir sont-elles donc dotées ? On peut se demander si nous ne leur avons pas tendu nous-mêmes une baguette maléfique, pour qu’ils nous somment de restituer le blême éclat qui manque à la vérité de nos cristaux.

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Commentaires
D
et oui, ces personnes là sont surtout là pour nous faire régresser dans cet état que l'on a mis tant de temps à admettre, transformer, sublimer...<br /> bah, elles sont juste le fruit inconscient d'une habile manipulation psychique de notre par : un zeste d'enfance+un trait de douleur au cointreau...et hop nous voilà sur les rails de la lente descente vers la régression comportementale :o)).
G
Je suis sans doute en train de mourir des conséquences funestes d'un excès de porosité (pas tout à fait celle que tu décris mais le fond du problème est le même). C'est curieux pour moi de lire ce texte précisément aujourd'hui.<br /> Si nous n'habitions pas si loin, je te proposerais volontiers moi aussi de prendre une mousse.
M
Ce n'est pas une question d'orgueil. Car l'orgueil est conscient et à géométrie variable( comme tes focales sur l'appareil photo ! ). C'est une question de regard plus ou moins pertinent que l'on porte sur nos propres manifestations de mal être et si les cicatrices étaient partout on serait morts depuis longtemps. La cicatrice c'est du tissu mort une fois qu'elle est refermée. C'est la cicatrisation qui fait mal et elle, orgueil ou pas, elle ne te laisse pas dans l'indifférence. Quant au plus dénominateur commun c'est la prudence même. On ne sait jamais avec exactitude où l'on aventure ses mots, mais depuis quelques temps, je trouve qu'il y a plus de mots chez toi que d'images (toujours aussi belles et séduisantes). Orgueil ou pas, quelque chose passe et fait mouche... ( A suivre?...)
R
Christie, je pense que tu as bien fait. Dans ton cas, au moindre doute, j'aurais pris mes jambes à mon corps (et serais retourné au drugstore). ;-)<br /> <br /> Alpha, désolé, je ne te verrai donc pas sourire :-(<br /> <br /> Chali, oui.<br /> <br /> Sylvie : certes, et certains s'enferment dans l'évasion pour oublier qui ils sont.<br /> <br /> Jibé, je pense que tu auras de quoi te siffler de la jolie mousse (brune ou blonde) sans moi... ;-)<br /> <br /> Dam, merci !<br /> <br /> Sylvie II : ben c'est une jolie philosophie ça. Je pense y adhérer prochainement.<br /> <br /> Esrelle, tu sais que j'ai lu "braguette" dans ton commentaire? Mince alors ! Agression j'irai p'tete pas jusque là, mais y'a du vrai.<br /> <br /> Marie.Pool, je pense avoir trop d'orgueil pour chérir mes blessures... Et si, j'attache une grande importance a ce que l'autre a compris de moi, tout comme je recherche, rappelle-t'en, le plus petit dénominateur commun chez l'autre. Les cicatrices éclairent la chair, mais je ne les y assimile pas à elle. Oh, mais on pourrait longutement papoter là-dessus. Merci pour ta très belle contribution une fois de plus.
M
Nos blessures sont nos Trésors de Guerre. Elles ont des cicatrices que nous chérissons pour tout ce qu'elles représentent de combats menés au bout, à notre insu le plus souvent. Il y a des chercheurs de ces Trésors qui sont devenus experts en l'art de les débusquer, ce sont des pauvres qui aident d'autres pauvres à s'enrichir de leur lucidité. Ca n'a pas de prix ces découvertes là ! Avant, tous se croyaient invincibles, immortels, increvables et très fiers de ne rien comprendre, jusqu'au jour où... des blessures inconnues s'ouvrirent devant eux comme des cratères... Certains n'ont pas fait long feu, ils en sont morts, tout simplement. D'autres ont eu honte, d'autres encore se sont sentis coupables. Dans tous les cas il y eut du grabuge et peu de répit pour échapper à la douleur d'être de cette teneur là. Ces voleurs de Trésors que nous recroisons parfois, ne sont pas des voleurs, ce sont des courageux qui ont été volés un jour et qui s'en souviennent. Personne n'est obligé de se souvenir en même temps qu'eux et c'est là qu'on peut reprendre par la volonté son destin. Ce que l'autre a compris de nous est sans importance. C'est ce que nous acceptons de comprendre de nous mêmes qui est notre inexpugnable trésor de guerre . Personne ne nous enlèvera l'intégralité de ce trésor là même si parfois on préférerait le donner, s'en débarrasser à jamais... Mais ce n'est pas possible, il reste toujours un fond de caisse, que nous faisons tinter au fond des pensées, parfois, sans le vouloir.On se dit : "Je suis riche, mais je l'ai payé cher...".<br /> Et puis on se rendort en rêvant au désert...
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