le ciel n'est plus très loin

(domaine de Rochasson, Meylan, Isère, le 11 janv. 06)
Le front collé à la vitre, l’espoir qui lancine. L’amour des jardins, en hiver, ressemble à l’amour de la solitude.
Mais voilà que la brume se déchire comme une robe de papier. Cœur en-dessous.
La pureté du soleil fouille le temps, soulève un miracle éternel. Le peintre s’éveille. Et dans la molle et morte flexion végétale, quelques arbres imposent, sous la lumière restaurée, l’idée d’un jaillissement.
« Le plus petit des jardins reproduit moralement un territoire sans limites, étend sur l’univers entier son pouvoir transfigurateur. Il est une œuvre de foi, et le plus modeste des jardiniers fait, à lui seul, exister la nature aussi pleinement, aussi souverainement que le croyant le plus humble fait à lui seul exister Dieu. » (Les Sources, Pierre Gascar, Gallimard, 1975)