10 octobre 2005
original origami

(forêt des Ramiettes, Theys, Isère, le 8 oct. 05)
Tu disais : "La beauté ne partage pas les eaux de la vie et de la mort. Elle est leur ligne d'horizon : la limite qui ouvre sur l'infini".
Sur le cadran de la forêt, les aiguilles des conifères n’ont pas l’air de bouger. Arbres sans âge, lenteur de la sève. La forêt offre un jardin pour le ciel, hersé par la pointe immobile du temps. Il me semble qu’ici, l’espace est resté le même, l’espace du matin, intime et gonflé. Je parcours cette pente boisée depuis plus de trente ans, le souffle égal. Trente ans? Non : toujours. Je marche, la forêt me traverse. J’y reviendrai.
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