7 février 2005
pour un sentiment de la goutte d'eau

(sur le sentier de la Sitre, La Combe-de-Lancey, Isère, le 15 mai 04)
Pendant
des dizaines de siècles, l’Homme n’a cessé
d’interroger la Nature, portant son regard angoissé sur les monstres et
les
divinités de Gaïa, toutes ces créatures qui ne lui ressemblent pas et
le
concurrençaient parfois. Il a inventé des mythes pour cacher son
impuissance à
comprendre ce qui l’entourait, cloué d’innocents oiseaux de nuit aux
portes des
granges pour s’épargner des colères dévastatrices du ciel. Aujourd’hui,
et
alors même qu’il n’a pas fini de compter les espèces qui peuplent la
Terre,
l’objet de son inquiétude a changé. Ce sont les outils qu’il a inventés
pour
s’approprier cette Nature qui lui posent problème. Le nucléaire et
surtout la
génomique, catalyseurs d’un certain progrès, préparent d’autres
catastrophes si
la réflexion éthique qui infuse en Europe n’arrive à endiguer les
tentations
mercantiles ailleurs. Il lui faudra faire vite. Le principal enjeu de
l’éthique, et non des moindres, sera de réunir à elle les différentes
ambitions
pour la destinée humaine. Mû par l’implacable précepte du droit et de
la
liberté de choix, le mercantilisme ne cèdera pas facilement le pas à
l’impératif inconditionné : déterminer l’individu à n’agir que
dans la
perspective de l’universel. Nous devrons sans tarder nous réconcilier
avec la poésie gratuite des gouttes d’eau, uniques et unes, pour nous
saisir du suc de cette
Universalité-là.
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