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25.03.05

de désir le printemps se dore

    De désir le printemps se doreEt détache ses chevaux rouxIls iront danser sur l’auroreEt boiront à tes cheveux fousUn peu de lune à ta fenêtreC’est le ciel qui poudre ta joueEt les feuillées toutes à naîtreEn tremblées mangeront ton couUn baiser porté comme glaiveGlisse de ma vergue à ta proueDe désir la mer se soulèveEt coule une ancre à tes genoux. (Lune au-dessus du bois des Layaz, Domène, le 22 mars 05)
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01.03.05

noces d'algie

(Les Molières, Montvendre, Drôme, le 19 fév. 04) Le noir ne me dit rien. Qu'une lueur coule à travers un carreau cassé, il n'est alors plus rien d'uniforme ou de neutre. Rejaillie l'aventure, recrachée la surprise. Un monde se compose et se meut, un souvenir se donne ou se soustrait encore, selon le caprice de ses éclats et le divin secret de ses ombres. On a pu vivre ici, on y a connu des heures d'effort et d'amour. Même si d'autres ne viendront plus. Découvrir un passé, c'est guetter les restes d'âme au fond des gamelles, c'est... [Lire la suite]
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13.02.05

les abeilles bourdonneront

  (sous le Touret, le Périer, massif de l'Oisans, Isère, 20 mars 04)    Et jusque là, le bourdon m'habille. L'on va dans ces piètres jours, à piétiner les dernières pitiés du soleil. Passer devant les seuils trempés, regard absent, lèvres gercées, qui remuent parfois pour chantonner une mélancolie exaspérée, ou reprendre souffle, à la montée de la nuit. Une blessure au coude, une déchirure dans le dos et du travail par-delà les collines m'éloignent quelque peu de cet ouvrage. Ombre qui rejoint les ambres,... [Lire la suite]
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09.02.05

feu de tout bois

(Deadvlei, désert du Namib, Namibie, le 30 juil. 03) La canicule de l'été 2003 est une véritable bombe à retardement. Elle vient de faire une nouvelle victime chez nos seniors : le chêne de Marie-Antoinette, planté en 1681 dans le parc du château de Versailles. Un seul arbre vous manque… et tout est effeuillé ? Ne perdons pas la tête : pour un spécimen d'ornement féodal déchu, combien d'hectares de forêt disparaissent chaque seconde de la planète ? (La forêt tropicale meurt au rythme annuel... [Lire la suite]
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23.01.05

contre-lettre

  (Montvendre, façade est, Drôme, le 24 janv. 04)   Tremblement des jours. Il y a des choses que je n'aime plus. Des musiques, des tableaux. Des livres. Est-ce que j'ai changé ? Je ne crois pas. C'est le rapport de ces choses au temps qui s'est modifié. Le temps de nos vies, la durée de l'expérience culturelle. Accumuler les musiques, les films, les mots même ne me remplit pas d'eux. Ce sont eux au contraire qui se déforment, plus ou moins vite à la lumière des oeuvres nouvelles, décomposés les uns par les... [Lire la suite]
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17.12.04

même pendant la guerre

L'administration américaine baillonne les journalistes qui se risquent à compter les civils tués en Irak (120 000 au bas mot). Elle n'interdit pas encore de compter les oiseaux vivants. Depuis sa tour de Babel, un envoyé de Bush observe la faune sauvage croisée entre deux rafales. C'est surréaliste et c'est à voir ici. Les commentaires ajoutent à l'absurdité du drame.
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05.12.04

exercice à l'anneau

Décembre boucle l’an et la forêt resserre son cercle déférent. Sous la feuille d’or, la ronde-bosse d’un iule, tracée par quel compas minuscule, forge un cerceau de brodeur étoffé de crinoline. Le mille-pattes, et combien de ronds de jambes, frappe l’humus de sa bague sigillaire. Faux-soleil, noir aréole, qui couronne l’alliance de l’ébène et de l’hiver. (iule, Varacieux, Isère - le 05 déc. 04)
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30.11.04

astérisque et péril

Je connais des sous-bois où l'on se sent envahi par une funeste douceur, le bonheur de la mémoire, mais d'une mémoire sans souvenir. Le goût capiteux de la nostalgie vidée de tout regret, affranchie de tout remords. C'est une forêt silencieuse et repliée, dont les pentes herbeuses et sèches se font complices de notre instinct d'abandon. Elle garde en toute saison la couleur de cette éternité à rebours, la couleur d'une mémoire dépouillée de soleils. Une forêt semée d'étoiles, qui ramène nos cieux rêvés à la terre... [Lire la suite]
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14.11.04

café affété

Cinq heures et déjà l'ombre. La lame du soir découpe les pensées en tranches si fines qu'elles en deviennent insaisissables. Paix menaçante. Je n'arrive pas à m'attacher à mon café, pas plus que les mots n'agrippent le papier. Goutte à goutte, le doute. Je ne sais ce qui couve au loin ou qui rôde, ce qui se gonfle et tremble, ce qui m'invite. Je deviens l'attente sous le ciel blanc cassé, je suis la rumeur du vent dans les platanes hâves. Et puis une idée me saisit à la gorge, amère comme le café qui refroidit trop vite :... [Lire la suite]
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02.11.04

Halloween, c'est demain

Scream 4 ? Recalé. Jurassic Park 5 ? Pas mieux. Starship Troopers 3 ? Que nenni. Bush 2? Aaa(a...)h, mais qu'est-ce qu'on a mis dans le pop corn ? [rivetina baetica - massif des Albères, Vilaminiscle, S, 30/10/04]  
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