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11.05.05

universable

   (Aziz, Auberge du Sud, Merzouga, Er-Rachidia, Maroc, le 12 avril 05) Le sable cristallise d’imparfaites gémellités. Notre différence tient dans nos mains : nouées par la détresse ou au fond de ses poches crevées. J’entrevoyais la dune comme une ressource, elle assèche ton horizon et tarit tes rêves, d’un trait sévère. L’ammonite que tu m’as vendue scintille d’un feu mat dans la vitrine du salon. C'est une étoile tombée au jardin d’un monde à refaire : nos nuits brillent toujours un peu moins quand on rentre du... [Lire la suite]
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29.04.05

note bleue

(rollier d'Europe - Coracias garrulus, Telouet, Ouarzazate, Maroc, le 11 avril 05) Sans le langage, la pensée n’est qu’un rêve. Sans oiseau, le rêve n’est qu’un nuage. Il faut le langage et l’oiseau pour que les rêves touchent le ciel. L’homme a inventé la musique, un langage avec des ailes, pour se rapprocher du soleil sans brûler sa pensée.
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13.04.05

la vue de pattes d'elft

    (éléphants d'Afrique, vers Halali, Etosha, Namibie, le 9 août 03)
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07.04.05

les ailes du zéphyr

    (morpho bleu, Coto Brus, Tapanti, Costa Rica, le 14 août 04) [Tant voléQu'il a volé aussi Un peu du ciel.]
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23.03.05

komboloi

  (soda à Puerto Viejo de Sarapiqui, Costa Rica, le 30 juillet 04) Il m’arrive de repenser à ces Grecs, jeunes et vieux européens indemnisés au fin fond des Rhodopes, qui passent leur temps à tourmenter des chapelets en buvant du café épais. Un rêve contemporain : compter les heures en enfilade sur le pupitre des jours. Laisser ses sensations s’engourdir, passer des mots dans le praxinoscope fou, jouer de l’inertie des mobiles. Il me brûle parfois de réapprovisionner les rayonnages de la lune, d’aller blottir... [Lire la suite]
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13.03.05

postillon

    (Prélenfrey, Le Gua, Isère, le 13 mars 05) Suées d'août, mouillures d'automne, chagrin d'hiver, fonte de mars... Vivre au crochet des saisons fait toujours couler quelques larmes.                     
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04.03.05

car nés d'esquisses

(San Sebastian, Espagne, le 1er janv. 05) La vérité formelle ignore la réalité, elle est seulement l'accord de l'esprit avec ses propres règles. Quand l'esprit se trouble, la vérité change. Mais nul ne sait si elle se rapproche ou s'éloigne encore de la réalité. Lois bien établies, pensées rigoureuses, évidences fondamentales : chacun s'y retranche comme en religion, aux dépens de l'interrogation, de l'indicible, du tumulte et du désir. Nous ne regardons plus assez la mer, d'où est née la vie. Instable et mouvante, elle jette... [Lire la suite]
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18.02.05

bleu de mes dilemmes

(gentiane de Clusius, Saint-Guillaume, Isère, le 21 avril 04) La couleur bleue reste associée, dans mon esprit, à l’idée de l’eau et les fleurs ainsi éclairées réalisent le miracle de la lumière liquide. De vague bleuet en vague gentiane, la Nature, c’est dans un même regard ce qui m’emporte et ce qui me fixe, ce qui me libère et ce qui me retient. La Nature n’est pas dans mon réel. Elle en déborde. Il en découle.
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05.02.05

ice (dream) princess

(Le Sappey-en-Chartreuse, Isère, le 8 janv. 04) Le truc du temps qui passe, Tu l'as vu au ciné Et les amours qui cassent Dérèglent ta télé. Pour réchauffer l'hiver, Tu fabriques une histoire Avec deux grands yeux verts Vidés sur un comptoir. Tu te dis que tu l'aimes, Cette fois c'est pour de bon En chantonnant le thème D'un roman-feuilleton. On t'a tout fait, tout dit Alors tu t'es blindée Mais pour gagner ton lit On pourra marchander Ton corps est à débattre Et tu joues du désir ... [Lire la suite]
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31.01.05

corps d'âge en patte-d'oie

          (San Sebastian, détail du port - Espagne, le 1er janv. 05)    Les personnes qui, par mégarde ou négligence, nous abandonnent ne nous quittent pas tout à fait. J'ai gardé très distinctement d'elles un ultime regard, une phrase pliée dans ses petits mots, un bruit de pas qui fixe à jamais leur silhouette pantelante sur l'écran des souvenirs. En revanche, je ne me rappelle plus des joies partagées auprès des vieilles amours. Les barques qui s'affolaient sur nos chairs... [Lire la suite]
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