09.02.06
remise de peine
![]()
(Heliconius sp. - Cartago, Costa Rica, le 18 août 04)
Une indifférence polie à mes attentions d’abord, le refus obstiné de répondre à mes sourires ensuite, la distance coûte que coûte quand tout fut révélé.
Ne te fais pas d’idées, me disait-elle, me tuait-elle, et pourtant je renaissais, je revenais, toujours moins drôle, dans un entre-deux minable. Je me conformais à outrance au jeu de son détachement mais la nécessité vitale de lui rappeler mes ambitions d’être à elle modifiait soudain ma tactique.
L’expérience d’une vérité contre laquelle toutes les larmes, de rire ou de chagrin, ne peuvent rien confine à l’apprentissage de la mort.
Jusqu’au matin où une main passe dans les cheveux, tandis que quelques gouttes de pluie commencent à tomber, tandis que les mots ne sortent plus.
Commentaires
Quel beau texte Richard, il est si magnifique. Est-il autobiographique ? Hum, de toutes façons, l'effet est rendu et se rapproche énormément d'une situation que je vis actuellement et péniblement, il faut le dire. Je n'aurai pas pu exprimer les choses aussi merveilleusement, encore merci pour ce style aussi soigné, c'est remarquable.
Carpo, Sylvie Marie, merci à vous, faites comme chez vous...
Sylvie, merci de tes encouragements. Il n'était pas prévu d'infléchir la ligne éditoriale de ce blog vers l'intime - d'autres appelleront ça le romanesque. Sauf sur commande (et mes tarifs ont augmenté), je ne sais pas parler de choses qui ne m'ont pas touché d'une manière ou d'une autre. Bon courage dans ta situation actuelle!Butinage, papillonnage, mettons-nous d'accord ! Je ne vois personnellement ni de butin ni de papillon ici. Ah pardon, celui de la photo symbolise ce que la dernière phrase du texte exprime : une délivrance après un état souffreteux de chrysalide.
Pintel, nous avons dû garder nos chenilles ensemble...
Carpo : zut, que se passe-t-il chez toi ? Tu peux tout nous dire?
Mamzelle lili : "Pourtant moi je m'accroche à mon rêve. J'y crois comme au jour quand il se lève" (Johnny Hallyday)
Dam :
Un peu d'hypnose, et le tour est joué. Cette photo avait été prise avec le Nikon Coolpix 5000. Le papillon était tout juste éclos (on voit ses oripeaux de larve à gauche), en train de sécher ses ailes sur la rambarde du balcon du lodge, il ne pouvait pas s'envoler. Fastoche.Alors maintenant, si on se met à citer du Johnny, où va-t-on !
(Oui, je sais, tu me répondras "Là : http://johnnyhallyday.canalblog.com/ ")
Jour J - 5
Seulement cinq jours de remise de peine pour un crime impuni, je comprends qu'elle soit un peu crispée la drôlesse ... A la St VALENTIN c'est certain, elle te fera la tronche et comme il faut...Car il paraît, on dit, on suppute, on subodore, on déplore, on en rajoute, on édulcore que... " Les his-toires -d'AMOUR-unissent-mal ..." ad doloris libitum (J'en perds mon latin tant ça m'émeut qu'elle t'ait fait un coup pareil !) Si t'achètes des fleurs, choisis bien, un cactus bien vénéneux fera l'affaire...Elle aura plein de démangeaisons et ça la rendra laide , ô si laide en son peignoir... Te gêne pas ! Et s'il faut faire une pétition pour la faire virer de ton cerveau, on te la signe avec du sang de vampire...Non mais des fois !
Qui te parle de "forcer", Shaolin? Je connais plein d'histoires où les sentiments se sont construits pas à pas, où le non s'est progressivement glissé en "oui peut-être, à voir", et enfin à "oui, c'est sûr"... Des histoires retardées aussi parce que les sentiments avoués trop vite d'un côté avaient épouvanté l'autre. Les sentiments, c'est parfois aussi "simple" que la bonne communication au(x) bon(s) moment(s) (et à la bonne personne, certes).
Alpha
Gilda : On le sait déjà, c'est hormonal. Oui, bon, je suis cynique, ça m'évite des développements plus douloureux.
Marie.Pool : ah ah ah. Mais suis pas comme ça moi, impossible.
Anne Printemps : les papillons du Costa Rica sont tous plus merveilleux les uns que les autres. Tous n'ont pas encore été nommés par les scientifiques et j'aurais moi-même parmi mes photos un spécimen non officiellement répertorié...
Agnès B. Bonne idée, Ben Harper ! Tu t'esquives déjà? Et tu vas où ? Lévite pas trop, le soleil brûle(surtout depuis qu'on nous a retiré la couche d'ozone)...En ce cas, j'ai dû naître mal dosée ou trop sceptique, c'est toujours l'autre qui se lasse quand j'y croyais enfin.
[j'y pense, je te dois un texte, ainsi qu'à Christie depuis ... euh ... septembre ; pour la tenue des délais non plus j'ai pas les bonnes hormones, à moins qu'il ne s'agisse d'acides aminés
]Agnès, c'est marrant, mais je n'avais pas vu l'erreur. Il faut donc que j'aille dormir moi aussi
Shaolin : on est d'accord. J'ai aussi vu, très rarement, des vieilles histoires renaître - et des fois pas longtemps.
Fuli : tu n'aimes pas les choses simples? Rôôôô, la féminité dans toute sa splendeur contradictoire !Pimpanicaille...
...roi des papillons
http://www.momes.net/comptines/comptines-numeriques.html#pimpanicailleune main dans les cheveux...
Les mains d'Elsa - L. Aragon
Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes mains à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.








bonne ballade
sur ton blog fort sympathique, je repasserais!
)
@+