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28.01.06

le dormeur du bal

indien
(Little India, Kuala Lumpur, Malaisie, le 21 août 05)

C’était après les dévastations. Aux siècles de bruit et de colère avait succédé l’apaisement. Les hommes étaient descendus de leurs machines, les cœurs avaient rouvert boutique. On avait rendu les butins des pillages et de partout montait le chant du pardon. Du nord au sud, il coulait du soleil pour tout le monde, les papillons refleurissaient au pré et les enfants lâchés dans les rues fondaient en bandes joyeuses sur l’avenir. La veille encore, les parents avaient prié pour qu’ils dorment au moins une nuit en paix. L’hiver grattait derrière la porte, c’était encore janvier, toujours janvier, sa solitude harcelante, sa désolation vide et blanche. Blanche jusqu’à l’amnésie. J’avais moi-même oublié la douceur du corps de mon aimée, l’évasement de ses hanches, anses où jadis mouillèrent tous ces rêves.

Posté par Richard G le 28.01.06 - blanc - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires

    Janvier va céder... C'est sûr... Quant à la blancheur... aussi... Mais plus tard...

    Posté par , le 28.01.06 à 12:17
  • oublier la douceur du corps de l'être aimé, la désolation du coeur... mais ce n'est que pour mieux le retrouver.

    J'aime bien cette photo de bonhomme avec son parapluie, encore un beau texte.

    Tu ne veux pas mettre une photo nulle avec un texte de daube de temps a autre, histoire que j'évite de répéter toujours les mêmes commentaires l'ami ? allez, rien qu'une fois...

    Posté par , le 28.01.06 à 13:53
  • La photo... L'homme, avec sa marque rouge sur le front, on pourrait croire qu'il est mort, assassiné !

    Posté par , le 28.01.06 à 17:16
  • Ma première impression: un homme abattu d'une balle dans la tête avec, au fond, une sculpture moyennageuse en bois. Vision européenne. L'homme est très pictural dans sa pose et sa chair, surtout la main. Et avec la femme qui parait pleurer derrière, ça fait une ambiance surréaliste.

    Posté par , le 29.01.06 à 01:40
  • Esrelle, Alpha > J'étais d'abord parti sur un texte titré "à quoi rêvent les hommes quand ils meurent"...
    Photo prise dans un temple (j'ai mangé son nom), peuplé d'hommes dormants et de femmes à prières.

    Pintel, tiens, tu me donnes des idées. Une photo de daube, préparée par ma maman, avec un texte plein de O dans les mots. Ce serait rigolo.

    Posté par , le 29.01.06 à 10:01
  • J'étais
    Cet été
    En inde
    Moindre
    L'argent
    Etaient
    Aux dormants
    Des pavés

    Posté par , le 29.01.06 à 10:25
  • (Emprunté)

    C'est un petit bal qui mousse de hayons
    il dort dans le soleil , la main sur la poitrine
    Les parfums ne font pas frissoner ses narines.
    Tranquille, il a un trou rouge au milieu du front.

    Posté par , le 29.01.06 à 19:01
  • Hooo !

    Ho la vache ! Il vient de se tirer un coup de parapluie dans la tête ! Appelez quelqu'un, vite !

    Posté par , le 29.01.06 à 19:08
  • La légère oblique, l'image faite, le titre et le texte... quel admirable dosage - as always !

    Posté par , le 30.01.06 à 08:35
  • Je me souviens que j'avais trouvé ça étonnant en Malaisie, la façon dont les populations se partagent les métiers.
    Le commerce de détail et de gros... aux Chinois, la construction, le commerce de l'or, l'argent... aux Indiens, les emplois gouvernementaux... au Malaisiens.
    Pour les indiens, la sieste c'est sacré !

    Posté par , le 30.01.06 à 17:52
  • Je me souviens que j'avais trouvé ça étonnant en Malaisie, la façon dont les populations se partagent les métiers.
    Le commerce de détail et de gros... aux Chinois, la construction, le commerce de l'or, l'argent... aux Indiens, les emplois gouvernementaux... au Malaisiens.
    Pour les indiens, la sieste c'est sacré !

    Posté par , le 30.01.06 à 17:54
  • Complètement, La Vita, relayé par Alma ! Les Indiens, aussi actifs et acharnés soient-ils au travail, aiment la sieste. Un photographe grenoblois, Bruno Moyen, a récemment articulé toute une exposition autour de "la culture du sommeil" chez les Indiens. Surprenant.

    Mamzelle Lili : Rimbaldienne, vous aussi ?

    Guillaume, une légère oblique? Ah oui, bien vu. Décidément, je suis bancal

    Jibé : trop tard, j'suis mort. De rire.

    Posté par , le 02.02.06 à 16:14

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