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25.01.06

rapatriement salutaire

ciel_solitaire
(vers Solitaire, Namibie, le 1er août 03)

Le ciel d'Afrique, à la fin du jour, ressemble au passé. Un passé qui me demande si j'ai vu ce qu'il m'empêche de voir.

Sous les strates mémorielles, dans l'attente d'étoilements : ce continent a ouvert ma nostalgie en deux comme un abricot. J’ai gratté là des souvenirs impossibles, jusqu’aux blanchissements de la toile, jusqu’à l’usure des images. Le sentiment du berceau, je ne l’ai retrouvé nulle part ailleurs qu’en ces soirs encensés, sous mes pas lestés de sable, au-dessus de mes mains trop petites pour porter le silence. De terre, de lait, d’épices, partout cette odeur entêtée me rapprochait du sein maternel et fauve.

Je voudrais que l’Afrique soit mon tombeau, comme un retour aux sources. Le dernier cri comme une première empreinte.

(Juste après cette photo, presque à mes pieds, une mangouste frétillante a joué l’ultime sursaut de l’enfance.)

Posté par Richard G le 25.01.06 - les yeux d'Hélène G - Commentaires [19] - Permalien [#]

Commentaires

    Je ne pensais pas que c'était si attirant, ce coin d'Afrique, vers Solitaire. Pour ma part je prépare un voyage au Mali. Affaire à suivre.

    Posté par , le 25.01.06 à 07:48
  • Et pourtant, je trouve que cette photo illustre l'avenir... (Ce sont les trainées de nuages qui me donnent cette impression...)

    Posté par , le 25.01.06 à 07:53
  • Oh, Raphy, les franges du désert du Namib sont absolument sublimes. Tu verras de bien jolies choses au Mali aussi.

    Alpha, restons optimistes, il ne faut pas voir l'avenir avec des nuages

    Posté par , le 25.01.06 à 08:38
  • Pour moi, rien à voir avec le passé ou l'avenir, tout est affaire de moment présent quand la Beauté se manifeste...

    Posté par , le 25.01.06 à 09:21
  • Pfffiou.

    Quel magnifique carnet quand même... Merci d'exister.

    Je voulais écrire un truc naze ou faire un jeu de mot, mais des fois, c'est pas possible.

    Posté par , le 25.01.06 à 09:37
  • Il m'est difficile de parler de l'Afrique car j'ai toujours cette impression que les mots, mes mots ne lui rende pas justice. Tu arrives merveilleusement bien à le faire et en très peu de phrases. C'est mon lieu de naissance et je voudrais que ça soit aussi mon Omega.

    Posté par , le 25.01.06 à 10:33
  • Merci Richard pour votre gentil commentaire sur Porfil - VoirOuRegarder.
    Je file sur votre blog et je m'y proménerai...
    Bonne journée.

    Posté par , le 25.01.06 à 12:32
  • Lyriann, tu as raison. En ce qui me concerne, le présent, je le ressens aussi parfois dans le passé. En fait, face à la Beauté, les repères temporels se brouillent.

    Désiré, lâche-toi, un peu d'humour par ici est toujours le bienvenu, surtout le tien !

    Livy : Sûr que les mots sont toujours trop rigides pour faire partager une expérience personnelle comme on le voudrait. C'est pour cela qu'il existe d'autres langages, moins en cohérents et rationnels, plus intuitifs ou carrément charnels.

    Véronique : De rien vraiment. Toute l'émotion fut pour moi.

    Posté par , le 25.01.06 à 13:36
  • ralalala Richard ! Que c'est beau ce paysage ! Comment ne pas craquer devant tant de beauté en effet. On a envie de voir ça en plus grand, et pas seulement pour remplir la surface de l'écran (oui c'est une idée ça quand même) mais aussi pour remplir notre regard...

    Posté par , le 25.01.06 à 14:04
  • On dit que l'abricot est associé à Vénus et est un symbole féminin, de beauté. En voir ou en manger est signe de joie et de santé. La fleur d'abricot représente un amour naissant encore timide. En Espagne il est sensé réveiller le désir et la passion. Arrivé en France au 19ème siècle, il vient de Chine ou il est symbole d'immortalité, de force vitale et d'espoir.

    Mais on dit tant de choses...

    Posté par , le 25.01.06 à 14:52
  • ce qui est merveilleux, c'est d'être tellement civilisé qu'on peut s'extasier devant un paysage pourtant désertique et autère pour ceux qui doivent y puiser les maigres ressources.
    Tout comme vous, voir et ressentir cela est comme un appel à quelques chose de très puissant, ancré au plus profond de nous même.
    Nous avons le temps et les ressources pour nous interroger là dessus, c'est là tout le paradoxe du citadin

    Posté par , le 25.01.06 à 15:17
  • le titre, la photo, le texte.
    tout ici est un pur bonheur, fors la teinte de mélancolie de qui aime sa planète.

    Posté par , le 25.01.06 à 15:44
  • quelle jolie photo !!! le payasage est magnifique ! par contre cela ne m'évoque pas le passé mais plutot le futur. J'aime quand les images nous laissent la liberté de les interpréter comme on le sent.

    Posté par , le 25.01.06 à 16:42
  • Quand je disais que ça m'évoquait le futur, c'était à cause de la forme des trainées de nuages, ouvertes comme les doigts des deux mains tournées vers le ciel en offrande. Non, pas l'ombre d'un nuage dans l'avenir... C'est sûr !

    Posté par , le 25.01.06 à 20:15
  • Vers solitaire, c'est Tenia non ?
    Encore une fois, belle photo et super texte.

    Posté par , le 26.01.06 à 09:47
  • Mince, mes réactions à vos commentaires sont passées à la trappe. Encore un coup de Canalblog. Je disais à Alpha et Nziem que j'aurais dû intituler la note "Retour vers le futur" pour mettre tout le monde d'accord. A Gilda que j'avais un peu honte d'avoir manqué de réagir à sa rafale de contributions avant-hier. A LaVitaNuda que ce qu'il disait tombait pile-poil et qu'il fallait bien sûr associer l'abricot au sein fauve un peu plus haut. Enfin, non plus bas. Enfin bref. A Demo cette citation : "Within the valley of shadowless death, they pray for thunderclouds and rain. But to the multitude who stands in the rain, heaven is where the sun shines..." (Mad man moon - Genesis). A Lew qu'une idée d'élargir le contenu du blog avait été testée mais abandonnée parce que dévalorisant le texte. Je n'attendais plus que Pintel et sa blague - je me desespérais qu'aucun ne me la fît. Tchin !

    Posté par , le 26.01.06 à 13:22
  • Richard, l'homme qui n'aime pas l'hiver. Ca se sent grave, des fois !
    Bon, dis, c'est encore l'hiver mais c'est plus Noël, là : quand est-ce que tu changes la photo de la marionnette de Michel Boujenah ?

    Posté par , le 26.01.06 à 13:30
  • T'inquiète, Richard, ma rafale de contribution était due à une rafale d'absence des jours (des semaines ?) d'avant. Je n'ai même plus le temps de lire les blogs des personnes que j'aime, alors vois-tu de temps à autre, je tente de me rattraper.
    Sauf si mon commentaire contient une question, ce qui peut arriver chez toi quand tu parles de poissons, d'oiseaux ou de nature que je connais si peu, si mal, je n'attends pas nécessairement de réponse, je fonctionne simplement dans l'idée que tant qu'à croiser quelqu'un, à passer chez lui, autant laisser un mot, souligner un passage, indiquer un retour sur ce qui nous a fait du bien ou râler quand on n'est pas d'accord.
    à bientôt

    Posté par , le 26.01.06 à 23:50
  • parler de vous...

    salut...
    je passe mes journées de maladie forcée..
    dans le partage par l'intermèdière de la page perso msn.. le thème étant l'Afrique je me suis permis de citer quelques uns de vos commentaires..
    si celà vous dérange faites le moi savoir par email... dans l'attente merci et peut etre à bientôt. madison

    Posté par , le 23.04.07 à 16:03

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