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19.12.05

sel de saturne

sousbois
(vers Freydières, Revel, Isère, le 26 nov. 05)

Des sauvages saveurs me reviennent dans les lueurs malades de l’hiver. Une piscine, un bout de mer, des pins, des fougères. Ma salive monte comme une marée qui cherche la grève. Elle a le goût du large. Il en faut, des fagots d’amours froides, pour réchauffer la chair étale des jours. Ma lèvre se souvient de quelques mots des romans qu’elle écrivait sur leurs peaux et j’entends encore les flots voraces qui nous emportaient, les cheveux, des chevaux, l’écheveau des ruades. Et ce sommeil qui nous prenait après l’aube, les corps foudroyés en plein vol ! Ce soir des nénuphars pliés comme des prières flottent sur le lit et le givre colle au palais. Le feu ne prendra pas. Des écumes de neige fleurissent à mes cils. Je vais vieillir sans chagrin.

Posté par Richard G le 19.12.05 - blanc - Commentaires [17] - Permalien [#]

Commentaires

    Sel de Saturne, mais que dire de Mars et Vénus ???

    Posté par , le 20.12.05 à 00:32
  • Cette percée incroyable dans le Chaos des bois est d'une beauté à me faire rejeter le réel tel qu'il se présente parfois c'est-à-dire, fade...

    Et là, avec cette photo, vous avez touché à quelque chose de subtil qui me laisse admiratif.

    Posté par , le 20.12.05 à 10:22
  • bel écrin pour un marmoréen amour, dont la statique constance n'a d'égal que sa délicieuse froideur.
    Peut-être aimerait-on être empli de cette glace ardente?

    Posté par , le 20.12.05 à 11:14
  • Les sauvages saveurs, Richard, sont tapies derrière cet arbre, là, dans l'avenue de la mémoire, mais je ne sais pas à quel numéro -- et l'avenue est longue, c'est vrai. Jadis, il y eut des forces vives et des corps cambrés sous elles, qui les tordaient, les brisaient comme des brisants, les sublimait. Autrefois, il y eut le temps jeune, le temps passé -- passé à quoi, hein ? Naguère, il y eut ce moi à qui j'essaie de ressembler dans cet aujourd'hui de hasard, ce présent de rencontre qui fait les chansons devenues tristes.

    Posté par , le 20.12.05 à 13:17
  • mais c'est chez moi!

    ben c'est la que j'habite!!
    C'est marrant je comprends mieux la joie des gens qui se voient a la tele!

    Posté par , le 20.12.05 à 14:33
  • Je me fais du souci pour toi Richard, t'as vraiment beaucoup changé sur ta nouvelle photo. Serais-tu malade ? En tout cas t'as l'air d'avoir un gros rhume et t'as le regard un peu fixe

    Posté par , le 20.12.05 à 14:46
  • la classe.

    Posté par , le 20.12.05 à 16:34
  • Un événement m'empêchera d'être ici durant quelques temps. Prenez soin de vous, à bientôt.

    Posté par , le 20.12.05 à 17:08
  • oulaaaa j'aime pas ces départs précipités..
    rien de grave j'espère l'ami.

    Posté par , le 20.12.05 à 21:42
  • Ha ha Spdpt!

    Richard... rien de grave, j'espere?! (
    A bientot.

    Posté par , le 21.12.05 à 08:41
  • Toujours

    Une lueur qui sourd des branches fixées par le gel et nous atteint comme une épée de lumière.
    Vieillir sans chagrin. Quelle apothéose ce serait ! Mais est-ce possible ? Quelle forêt pourra nous donner cela ?

    Posté par , le 21.12.05 à 13:06
  • Mon Richard, fais ce qu'il faut...

    Posté par , le 21.12.05 à 22:00
  • Spdpt???
    Société Protectrice des Droles de Pêcheurs Tracassés?

    Posté par , le 22.12.05 à 10:12
  • Super Dupont... Tsss! Inculte! p

    Posté par , le 22.12.05 à 13:25
  • damened!
    je fus eu!

    Posté par , le 22.12.05 à 16:13
  • Tout est froid, dans la note, même l'avenir, même le rayon de lumière qui s'insinue entre les branches... Brrr, Richard, ramène-nous de la chaleur...

    Posté par , le 23.12.05 à 07:23
  • Vieillir sans chagrin, on aimerait bien.

    Posté par , le 25.12.05 à 10:37

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