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12.12.05

éburnéen

pan_etosha
(zèbres de Burchell, oryx gemsboks, springboks et gnous bleus, Pan Etosha, Namibie, le 11 août 03)

Il n’y a pas de matin ici, pas de midi ni de soir. Juste le soleil, à peine écorné par des nuits brutales et brèves. Ici, c’est la brûlure qui règne, la morsure immense et blanche d’un ciel sans merci ni partage. Dans ce désert de sel, la soif mine le sol et cimente la vie. Marcher plus loin, c’est marcher pour rien, c’est avancer dans le vide, un effort de trop. Alors on se rassemble, on prend l’ombre de son voisin, on bave avec lenteur les uns sur les autres. Attendre, c’est tout ce qui reste à faire, attendre d’un pesant repos l’ondulation d’un nuage, l’ébréchure du vent. Et croiser dans les yeux languissants l’espoir de ne pas s’effacer complètement.

Posté par Richard G le 12.12.05 - blanc - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    Un peu comme dans le métro, non ?

    Posté par , le 12.12.05 à 23:16
  • Tu crois que les rayures noires des zèbres c'est ce qu'il leur reste, avant qu'ils ne disparaissent totalement ?

    Posté par , le 13.12.05 à 07:38
  • oO C'est un verbe ca, "eburner" ?
    Ca doit faire mal, oulaaaa...

    Jolie photo l'ami

    Posté par , le 13.12.05 à 14:37
  • Exactement, Esrelle. Je voulais donner une portée humaniste à cette note l'air de rien. Tu t'en es bien emparée !

    Alpha : on dit surtout qu'ainsi zébrés, ces équidés échappent à la vigilance de certains prédateurs. Les rayures gênent la vision des lions par exemple (qui, dans ce même décor, dévoraient un springbok un peu plus loin).

    Pintel, merci. Eburnéen, j'ai tenu à ce mot parce qu'il y a "burn" dedans (tu as vu quoi toi? ), la brûlure du tableau, blanc comme l'ivoire. Oui je sais je fais trop dans la complication. Mais on ne se refait pas.

    Posté par , le 13.12.05 à 15:19
  • Oui mais c'est un E muet alors bon

    Posté par , le 13.12.05 à 16:07
  • On dirait le Monde au moment précis d'une explosion atomique et d'une réaction en chaine immédiate. Putain, elle me fait peur, ta photo.

    Posté par , le 13.12.05 à 20:53
  • c'est beau et terrifiant à la fois. Beauté de l'image et cruauté de la situation. "prendre l'ombre de son voisin" ça me fait froid dans le dos,enfin, façon de parler.

    Posté par , le 14.12.05 à 04:05
  • Oulala, quelle lumière sur cette photo ! Quand la page s'est ouverte j'ai dû mettre mes lunettes de soleil !

    Posté par , le 14.12.05 à 15:22
  • Elle m'épate cette photo !! quel graphisme ! tiens, je vais aller feuilleter tes albums...

    Posté par , le 19.12.05 à 10:57
  • Merci Nziem ! Bienvenue par ici.

    Posté par , le 19.12.05 à 15:20

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