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27.11.05

lustrage

voie_lactee_freydi_res_01
(Freydières, Revel, Isère, le 26 nov. 05)

Les branches de la forêt font des persiennes à mes vieilles amours. Le souvenir de leurs joies traîne et poudroie dans les poussières sépulcrales de l’hiver. On voudrait les voir grains de soleil neuf, mais c'est une lune ensevelie sous la molle épaisseur du silence qui les éclaire. Les amours parties ne chuchotent rien, elles piquent à peine mon visage de leur dard glacé. Elles dansent au devant des pas comme un pollen infécond. La fleur s’appelle le Temps et ses pétales s’effondrent en paillettes au moindre souffle : un strass évanescent qu’aucun costume n’a jamais pu retenir.

Posté par Richard G le 27.11.05 - blanc - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

    Dans le désert abrupt et blanc de l'hiver , voltigent les notes rouillées des souvenirs.
    Pour dire cela les mots sont bien peu de chose, et mes mains supportent à peine leurs doigts gelés .
    Le scintillement des jours a soudain le goût salé de cette lumière mouillée.

    Posté par , le 27.11.05 à 14:29
  • En fermant à peine les yeux, je me retrouve dans la forêt enneigée... Je la connais trop peu. Je ressens le silence et la morsure du froid sur le visage, ou bien était-ce les cicatrices des dards des amours mortes ?
    La neige fond pourtant.
    J'aime bien la chute de neige sur la photo.

    Posté par , le 27.11.05 à 14:37
  • Ces amours parties, on les voudrait lumineuses et bienveillantes, comme des jalons qui éclaireraient chacun de nos pas. Elles ne sont que traces qui se comblent et lentement s'effacent. On ne les oublie pas, mais l'ombre les noie dès qu'arrive l'aube d'une nouvelle.

    Posté par , le 27.11.05 à 15:08
  • une voie lactée parmi les branches enneigées, ensoleillées...

    Posté par , le 27.11.05 à 15:59
  • Richard, les dards glacés dont tu parles m'ont piqué le visage toute la journée. Avec cet hiver qui commence, froid et dur, il n'y aura évidemment pas de renouveau fleuri avant belle lurette. Autant profiter de la neige pour suivre d'autres traces, en espérant qu'elles mènent à un vallon ensoleillé.

    Posté par , le 27.11.05 à 17:40
  • Poussière céleste...je m'envole au pays des fées...

    Posté par , le 27.11.05 à 18:20
  • Sugar, je te verrais bien dans la peau d'une Clochette. Diaphane et éthérée sur un tractopelle (et ne me demande pas pourquoi un tractopelle, j'ai failli écrire une tondeuse à gazon - de nos jours les moyens de transport sont tellement moches).

    Posté par , le 27.11.05 à 19:33
  • Tu sais, Richard, je n'écris pas toujours quelque chose, mais je lis sans cesse. Il se trouve que, le plus souvent, il n'est rien à ajouter à tes mots d'images, à tes images parlantes. Bravo.

    Posté par , le 27.11.05 à 19:41
  • Jacques, pas de souci, je ne demande pas nécessairement de commentaires, j'ai moi-même énormément de mal à en laisser chez les autres. L'échange, principe du blogging, peut se faire aussi dans l'émotion tacite. Ton blog, que j'encourage vivement à lire (mais voeu pieu car il est protégé), ne me voit pas plus loquace, pour des raisons similaires !

    Posté par , le 27.11.05 à 19:49
  • les commentaires sont aussi bien que le texte et la photo qui l'accompagne, alors je n'ajouterais rien et je regarde en silence.
    merci

    Posté par , le 27.11.05 à 21:05
  • Du moment qu'une douche chaleur (tiens, un feu de cheminée par exemple) vient adoucir les piqûres de froid des amours passées. Sinon un chocolat chaud, peut-être...

    Posté par , le 28.11.05 à 09:22
  • comme toujours, on crois avoir rencontré l'"amour", si fugace, et pourtant tellement marquant.
    fugace car on aime comme on vit : sans trop s'y attarder, passant rapidement à autre chose, tant cultiver l'amour est chose difficile.
    On préfère croire que l'on peut le rencontrer, et goûter au plaisir des sens sans se poser de questions.
    Marquant, car l'amour n'illusionne que celui qui en a envie, lui faisant croire, un bref instant, que sa solitude est enfin terminée.
    Mais la solitude est là bien réelle, l'empire des sens existe toujours, attendant sa prochaine égérie... jeunes Venus callipyges (voir même aux stéatopyges), dont la simple vue provoquerait chez le mâle esseulé, ce sybarite, l'envie soudaine de rompre à tout prix ce profond acétisme, seyant si peu à leur âme...

    Posté par , le 28.11.05 à 10:57
  • Ah ! bon d'accord !
    les fées ce n'est plus ce que c'étaient !!! rires !

    Posté par , le 28.11.05 à 15:56
  • Sugar --> précisément )) !!

    Posté par , le 28.11.05 à 17:25
  • J'aime beaucoup l'idée de l'émototion tacite qui chevauche un tractopelle, mais n'empêche cette photo à couper le souffle me contraint à laisser un mot pour le dire.

    bises

    Posté par , le 29.11.05 à 06:31

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