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22.11.05

ligature

chaumiere
(Les Granges du Replat, Theys, Isère, le 5 nov. 05)

C'était bien avant les mimosas et les citrons, après le ressassement des feuilles tombées. Aux confins du gris et du gris, quand le vent s'étale. Le bouvreuil pleurait sa trompette cassée. Et les ruisseaux se retenaient. "Ca sent la neige", soupirait ma grand-mère, ses cheveux de fumée. Un coeur captif de son sang givré, c'est beau à dire, c'est à mourir en vérité. On n'est jamais trop pressé quand on aime : les pierres s'en souviennent maintenant.

Posté par Richard G le 22.11.05 - les yeux d'Hélène G - Commentaires [14] - Permalien [#]

Commentaires

    Jibé a trouvé le loup, tu as trouvé le chalet, il reste plus qu'à rassembler tout ça pour faire notre périple ! Beau texte comme d'habitude...

    Posté par , le 22.11.05 à 09:00
  • Aujourd'hui tu parles de l'hiver et du souvenir d'une grand-mère, je parle de l'hiver et du souvenir d'un grand-père. Etrange parallèle de pensées sans terrain commun.
    Les pensées voyagent-elles dans l'espace ?
    Les souvenirs, même s'ils ne sont pas partagés, peuvent être universels. C'est un peu ce qui fait, au-delà du language, l'humanité.

    Posté par , le 22.11.05 à 09:22
  • Ouah ! j'aime vraiment cette photo ! et cette maison est idéale pour moi !

    Posté par , le 22.11.05 à 09:58
  • regardes...regardes bien, dissimulée par la vieille porte en bois, une autre femme sans âge te regarde, t'observe, et imprègne de sa présence la terre environnante.
    La végétation est aussi foisonnante que sa chevelure, la pierre aussi grise et ravinée que la peau de son visage, l'air aussi vif et profond que la prosodie de son langage

    Posté par , le 22.11.05 à 10:08
  • On est jamais trop pressé quand on aime, heureusement, car à trop vouloir vivre l'urgence, on râte parfois ce qui ne se construit que dans le temps et dans la lenteur.

    (Ce qu'il y a de bien "par chez moi", encore un peu plus au sud que chez toi, c'est qu'on est jamais très loin d'une saison à mimosa avec le "quatre saisons" !)

    Posté par , le 22.11.05 à 11:41
  • Augreduvent > Oui, on a tout ! Reste plus que le gâteau à faire, et on y va ! Neige annoncée à la fin de la semaine, va falloir mettre les raquettes...
    Sugar > Même remarque qu'à Augreduvent, sur mon blog : faudrait savoir ! La maison est idéale, mais gaffe au loup qui se balade...
    Anne > On est toujours trop pressé quand on aime... encore que.
    Richard > Pardon d'avoir répondu à plein de monde, mais faut que ça vive, bon sang ! Même si ça vit déjà beaucoup par ici, le gris et le gris, moi ça me rend gris. Et dans ta photo, je n'en vois pas ! Un peu comme la neige qui n'est jamais blanche...

    Posté par , le 22.11.05 à 13:26
  • Ce Jibé me fait trop rire !!!! il est trop fort...Moi c'est pas que je ne veux pas venir,mais niveau marche je vais vous faire pleurer,regretter, et finalement vous m'abandonnerez au loup !

    Posté par , le 22.11.05 à 15:28
  • J'aime beaucoup l'idée d'un bouvreuil en train de déambuler avec sa trompette cassée.
    Miles Davis était un bouvreuil.

    Posté par , le 22.11.05 à 18:25
  • LVN : tu as décidément le sens de l'image ! L'idée de la trompette et du bouvreuil est née lors d'une rando dimanche. Dans nos montagnes actuellement, il y a une petite invasion d'oiseaux venus du froid sibérien, les bouvreuils des Komis. Ils se distinguent de nos passereaux à nous par leur cri, semblable au son d'une trompette d'enfant... Et j'ai eu le bonheur (à quoi ça tient, hein?) d'en entendre un.

    Sugar, petit bouvreuil en sucre? Tu crains de fondre sous le regard de Jibé plus vite que la neige au soleil?

    Anne, je disais un peu le contraire, mais c'est pas grave du tout. "Hâtons-nous d'aimer, lançons-nous, jetons-nous à l'eau qui va passer sous les ponts". La montagne ressemble tellement à un corps de mémé en ce moment...

    Esrelle, oui, j'ai lu ton très beau texte, tu devrais faire de la publicité pour ton blog quand même !

    Jibé, je t'ai déjà causé au téléphone.

    Augré, tu appelles ça un chalet? Hum. Tu vis dans une étable alors? :p

    Posté par , le 22.11.05 à 18:47
  • Je me suis mal exprimée, pardonnes moi ô grand maître des maux.. euh pardon.. des mots !! N'empêche que c'est mieux que rien ! ;-p

    Posté par , le 22.11.05 à 21:39
  • Oui c'est exactement ça ...je n'ai pas peur du loup ...mais de Jibé !

    Posté par , le 23.11.05 à 07:32
  • Huhu, t'as raison Sugar... trembleeeez, carcasses !

    Posté par , le 23.11.05 à 07:48
  • carcasses !!!!! oh le pire !!!!! t'as déjà vu Sugar enervée !!!!

    Posté par , le 23.11.05 à 08:24
  • En fait je voulais dire qu'il faut aussi savoir savourer l'urgence, mais j'ai un mal de chien à m'exprimer, faut croire. Pô grave.

    Posté par , le 23.11.05 à 09:21

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