avant la lettre

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13.10.05

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rissani1_blog
(souk de Rissani, Er-Rachidia, Maroc, le 12 avril 05)

Décloisonner les disciplines et surmonter les clivages, fertiliser les champs de conscience les uns par les autres, trouver un langage compatible et s’attacher au plus petit dénominateur commun de la représentation des choses.

(extrait de la rédaction, tôt ce matin, d’un papier sur un prochain festival pluridisciplinaire à Grenoble, spécialement destiné à rassembler des publics dissembables, chefs d’entreprises, scientifiques et gens de l’art)

Posté par Richard G le 13.10.05 - bleu - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

    cela me parle beaucoup : la photo, le texte. cette idée de mélange, d'abolition de fontières. Il n'y a pas d'opposition entre la science et l'art, les mouvances les errances sont porteuses de sens. le sens hors des mots souvent. Ce festival interdiscplinaire, c'est quand, c'est pour tout le monde ? tu peux m'en dire un peu plus ? ça m'interesse ...!
    merci

    Posté par , le 13.10.05 à 14:03
  • Anne Printemps, pas de souci, il s'agit du Festival des Imaginaires, du 16 au 24 novembre prochain. Ouvert à tous les publics, il en va de soi. Tu trouveras des infos ici : www.rencontres-i.com

    Posté par , le 13.10.05 à 14:07
  • Une chose qui elle ne doit pas être imaginaire, c'est le soleil qui doit taper dur à El Rachidia.
    En tout cas ça a l'air d'être une bonne idée ce festival !

    Posté par , le 13.10.05 à 16:35
  • Fertiliser les champs de conscience

    "Fertiliser les champs de conscience" est une superbe formulation qui suppose une meilleure répartition du compost éthique et pragmatique.
    Le résidu des erreurs d'appréciation que l'on fait souvent en toute bonne foi ( on croit à ce qui nous est accessible en compréhension), est à réemployer dans l'échange . Reste à trouver une forme et un contenu à ce "plus petit dénominateur commun" que tu évoques. On préférerait bien sûr trouver le plus grand dénominateur commun quand la Babel guette... Il n'y aura jamais assez de rencontres comme celle dont tu parles pour épuiser le sujet. Rester dans l'imaginaire et la représentation permet peut-être de naviguer un moment sur la crête des possibles. Je trouve cela encourageant.

    Posté par , le 13.10.05 à 17:42
  • Marie.Pool : le plus petit dénominateur, qui servirait de démineur contre les moindres ambigüités de compréhension, et de détonateur pour les plus vives émotions.

    LVN : C'est un festival unique en France, pour l'heure. Il en est à sa troisième édition. Autant dire qu'ils essuient encore les plâtres, avec les cartons qu'on pousse dans les couloirs et de la candeur plein les mains.

    Posté par , le 13.10.05 à 19:00
  • J'aime beaucoup cette photo ...ça me branche ce festival et c'est pas loin !!!

    Posté par , le 13.10.05 à 19:50
  • Entre déminage et dépistage d'émotions

    L'ambiguité et l'ambivalence sont des sentiments humains non éradicables . Ils sont aussi pour chaque individu les moyens de réagir à la réalité des mouvements internes et externes. On peut abraser les conflits en niant ces phénomènes psychologiques en les rabattant sur des entités plus implicites et moins nuancées. Pour bien communiquer,il faut parfois prendre le risque de traverser des champs de chardons et de braises. L'émotion pour l'émotion n'est pas suffisante, elle doit être mise en forme pour être réellement partageable. Lorsque tu nous fais parvenir une très belle image, très soignée, très pro., et que tu l'accompagnes de peu de mots ou de peu de commentaire à la suite des réactions, tu es peut-être dans ce territoire exigu du plus petit dénominateur commun et tu as l'air de t'en réjouir ( avec des hésitations perceptibles parfois). Tu ouvres des pistes et tu t'en vas un peu plus loin sans t'attarder. Ta méthode est sécurisante et efficace pour ce que tu sembles en faire sur ce blog. Il se peut que le déminage élargi ne soit pas ta tasse de thé et c'est bien aussi. La beauté des animaux , des plantes , des paysages et de certains visages apparemment disponibles et contemplatifs fait parfois oublier que la vie est mosaïque bien contradictoire. On peut toujours aller vers le consensus de la suspension du jugement pour que le déminage soit plus serein. On fait ce qu'on peut de toute façon.

    Posté par , le 13.10.05 à 20:47
  • Oh, Marie.Pool, je ne me réjouis de rien, et certainement pas du peu de temps que m'offre la vie quotidienne pour interragir avec les uns et les autres. Quand j'hésite, c'est aussi parce que je ne suis pas sûr de comprendre ce qu'on me dit ou bien parce que je me sens désarmé pour envisager des réponses circonstanciées, adaptées au profil de chacun. Bien sûr il faudrait creuser le sillon, mais un blog quel qu'il soit ne changera jamais les consciences. Restons modestes ici ou partons écrire des livres ailleurs. A propos de cet effet papillonnant que tu stigmatises, permets-moi cependant d'imaginer que la répétition (des formes, des thèmes, des couleurs, des motifs) au fil des jours, des semaines et des mois puisse être une façon relativement efficace, parce que sans doute plus ludique, d'interpeler du monde, un tant soit peu. Plus en tous cas que d'approfondir verticalement les notes, au risque d'une conceptualisation outrancière des propos, fatalement contre-productive, à mon sens. Là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi, c'est sur le prix à accorder à l'émotion. J'ai dû en parler dans l'une de mes premières notes ("avant la lettre", justement, la seule sans photo, pour cadrer ce blog). Je crois moins aux débats qu'à l'émotion. Sans elle, il n'est même pas utile de vivre. Avec elle, on peut commencer à rêver le monde. Je crois personnellement plus à la portée des photos de Yann Arthus-Bertrand qu'à n'importe quel discours des Verts pour sensibiliser le monde à la beauté et aux dangers de la planète. Merci en tous cas pour la qualité de tes arguments, c'est un vrai débat que tu lances.

    Posté par , le 13.10.05 à 21:26
  • Merci pour cette image de Rissani, qui m'en rappelle d'autres... et m'évoque tant de bons souvenirs. J'aime bien ce genre d'émotions, nécessaire.

    Posté par , le 13.10.05 à 22:56
  • Réfléxions déclenchées par les commentaires de Marie-Pool et Richard :

    - Ce que dit ton texte d'aujourd'hui, R, pourrait être aussi le sous-titre de ton blog. (Non ?)
    - Le support photographique encourage l'émotion et frappe l'imaginaire. Le texte titille l'analyse et parle à la conscience. Je trouve l'approche complémentaire. Tout le monde y trouve donc plus ou moins son compte. Est-ce un consensus pour autant ?
    - Je ressens cet espace comme des petits clignotants d'alerte (alertes rouges !) mais aussi comme des bulles d'oxygène.
    - J'apprécie l'équilibre dans la maîtrise des arts (les mots et l'image) mais aussi le contraste (d'un côté l'espoir/la beauté de la vie rendus par les photos, de l'autre le désespoir rendu par les textes).
    - J'apprécie la constance, aussi.

    Bref, je trouve que c'est beau, ici.

    Posté par , le 13.10.05 à 23:07
  • Je dis que ta méthode est bonne...

    Oui le poids des photos plus que des mots ! Parfois oui, MAIS pas à tout coup ! Il faut aussi supporter le regard dérangeant de l'image que l'on regarde . Lorsque l'on explore le réel de loin plutôt que de près comme le fait ce génial Yann Arthus-Bertrand , on n'est pas tout à fait dans la même posture et on est peut-être un temps préservé d'une neutralité qui peut devenir gênante au moment de prendre des décisions collectives et de se confronter aux chasses gardées du profit.

    "La conceptualisation outrancière des propos"( Tu ne dis pas à qui tu t'adresses ce reproche...) est pour moi l' effet parfaitement indésirable d'une émotion mal endiguée et il y a des bloggeurs qui tendent la spatule pour se faire battre comme plâtre. C'est une façon paradoxale de se fabriquer des pansements à l'égo en imaginant l'autre inintéressant agressif et méprisable. On connaît depuis longtemps la chanson sur les blogs très ouverts et certains résolvent le problème en refusant d'entrer en discussion ou en bloquant les commentaires...Il y a d'autres façons de faire peut-être moins confortables. Quoiqu'il en soit, je plaide moi aussi depuis longtemps pour la modestie et pour l 'échange courtois et pacifique (y compris dans le désaccord d'opinion) , mais je ne peux pas toujours tu t'en doutes, empêcher les autres d'aller où ils veulent dans l'outrance. Lorsqu'il foncent tête baissée j'ai le choix entre l'esquive ou la feinte en utilisant les mêmes procédés qu'eux comme un retour exemplaire à l'envoyeur mais sans l'insulte qui est la mauvaise habitude des poltrons. Voilà c'est dit. Tu n'es pas concerné et tu le sais ( d'ailleurs je suis un peu étonnée que tu en parles comme cela) et c'est ce que je voulais simplement préciser . "L'hésitation" est une attitude qui rend ton blog très hospitalier et interactif dans le bon sens . Je l'apprécie pour cette raison et pour la qualité de ta fibre d'écriture qui est transparente et bienfaisante.
    Il faut répondre à certaines questions , pas à toutes à la fois. L'image sert de sas. L'émotion brut de décoffrage est parfois délicate à accueillir dans les blogs.

    P.S. Nous attendons ta contribution aux Vendanges Poétiques 2005 sur la CAUSE DES CAUSEUSES et sur ce terreau là seuls les fruits mûrs et pas chahutés nous intéressent. As-tu une photo et un texte de VENDANGES POETIQUES à offrir dans ta musette ?

    Posté par , le 13.10.05 à 23:23
  • Marie.Pool et Alpha, merci pour vos témoignages d'utilisation d' "Avant la lettre".
    Marie.Pool, je n'adresse de reproches à personne en particulier. Loin de moi l'idée d'un jugement dirigé sur tel ou tel blog, je garderai mon opinion pour moi en considérant d'abord que chacun a sa propre et légitime raison de gérer son blog (journal sur soi, oeuvre d'art, débat d'idées, photomachin ou chat pour meubler son déficit affectif). Je regrette très sincèrement de manquer de temps pour approfondir certains échanges avec vous et faire de ce blog quelque chose d'à la fois plus interactif et plus journalistique, capable d'embrasser un panel plus large de lecteurs. Pour ta très belle idée de vendanges poétiques, je vais voir ce que je peux faire, mais je ne saurai rien te promettre.

    Alpha : du désespoir, c'est peut-être un peu fort non ? Ou alors je n'ai pas conscience de ma supposée déprime et c'est encore plus grave ! Là où je te rejoindrai, c'est quand j'essaie de faire admettre, à mon échelle ridicule, qu'il n'est plus possible de jouer avec la vie comme les hommes s'échignent à le faire. J'envie ceux qui, aliénés par leur famille, le rhume de leur bébé, l'art contemporain ou leur plan de carrière, se coupent du monde et parviennent ainsi à ne pas voir la détresse du vivant. Ce n'est simplement pas mon cas.

    Posté par , le 14.10.05 à 11:43
  • Oui, désespoir est un peu fort

    Posté par , le 21.10.05 à 22:18

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