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02.10.05

chant de contre-pente

chant_dune
(dune Elim, Sesriem, Namibie, le 30 juil.03)

Le désert n’est pas le vide, le désert n'est pas la mort. C’est un musicien qui consigne les moindres remuements de l’existence en un ordonnancement harmonieux. Loin d’être immuable, il capte au contraire la texture de l’instant, roule entre ses doigts la fragilité du monde et restitue au vent sa longue plainte. Le souffle du ciel est son orchestre, le sable est son pupitre. Et les notes de sa partition sont nos pas, lourds et éphémères, jetés sans cesse dans le désarroi souverain.

Posté par Richard G le 02.10.05 - les yeux d'Hélène G - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

    Tu as dû entendre l'enregistrement d'Arte Radio à ce sujet ?

    http://www.arteradio.com/wai/player.jsp?type=son&num=17814

    Très belle photo, comme d'hab...

    Posté par , le 02.10.05 à 23:47
  • Photo et texte superbe ! un autre lieu,ou l'on doit etre bien...

    Posté par , le 03.10.05 à 07:27
  • On dirait presque un dos, à rouler entre ses doigts pour en dégager une longue plainte... Enfin, un râle, plutôt...

    (Tes photos, c'est mieux que le test des taches d'encre de H. Rorschach !

    Posté par , le 03.10.05 à 10:08
  • Caravensérails.

    Quand ma mémoire et le temps m'invitent au voyage,je les retrouve ces instants passés , chaque fois différents aux dunes du souvenir...

    Posté par , le 03.10.05 à 12:24
  • On peut même, quand on est aviateur perdu, y rencontrer un Petit Prince ou son renard apprivoisé...

    Posté par , le 03.10.05 à 14:06
  • ça fait rêver...

    Posté par , le 03.10.05 à 14:22
  • Il est bien sensuel ce désert aussi, tout plein de courbes douces à croquer !

    Posté par , le 03.10.05 à 16:48
  • comme un sourire....

    ..à peine voilés, désséchés par des rafales de vents...

    ...désséchés par une soif intense, le soleil brûle les sens des dunes...

    ...comme un sourire..Immense...le souffle me manque...

    BRAVO!

    un bisou à qui tu sait.

    falo.

    Posté par , le 03.10.05 à 19:28
  • Désiré : Effectivement, maintenant, l'info me revient. Le chant du sable remonte à mes esgourdes...

    Sugar : ben oui, hein, le désert, c'est le cimetière des éléphants, forcément...

    Alpha : j'apprends grâce à toi que le prénom de cet imprononçable de Rorschach commence par un H ! Y'avait pas assez de h dans son nom déjà??

    Lili : Carafe en ces rails?

    Anne : dessine-moi un bouton (d'acné juvénile, que j'aie 16 ans again)

    Lew : Y es-tu ? Bonne nuit alors

    LaVita : j'avais un autre (s)exte pour cette photo, mais j'voulais pas souffler le sirocco en plein lundi quand même...

    Dis donc Falo, tu confirmes tes élans poétiques jour après jour... Le bisou, oui je sais, mais sur la joue, hein?

    Posté par , le 03.10.05 à 21:01
  • Tu vas en apprendre plus : Hermann !!!

    Posté par , le 03.10.05 à 21:16
  • Alpha : comme Bernard alors ? Ouah ! Merci. (Bernard Hermann, compositeur attitré des B.O. pour Hitchcock)

    Posté par , le 04.10.05 à 07:52
  • Je suis d'acc avec la Vita Nuda!

    Posté par , le 04.10.05 à 20:21
  • Résonnances

    .. On n’est jamais seul dans le désert. Il suffit d’attendre et de quelque ombre à côté de laquelle on était passé sans la voir surgiront des enfants ou des bêtes sauvages.

    J’ai traversé le Sahara, deux fois. Avec à chaque fois cette ivresse et cette inquiétude que donnent les grands espaces dont on devine que leur intention cachée est de vous perdre et vous dénuder.
    Le désert.. c’est d’abord la légèreté. On n’emporte que peu de choses, au premier chef de l’eau. Surtout, on y découvre que l’on n’est pas le centre du monde.
    Un désert,
    ce sont des pistes qui se ressemblent
    et se désunissent,
    des dunes qui s’amusent à se voyager
    bruit de tem-tem leur danse au loin répercutée
    des paysages aux lendemains radicalement
    posés
    ailleurs...
    Le désert rappelle à chaque seconde que l’être humain est venu au monde pour se soumettre à ses lois, non les tordre.
    Et puis, il pleut parfois dans le désert.

    Providenciel que de traîtrise
    En tes non-nuages
    Vêtus de jacquettes de vent
    Capitaines au long cours dans les cyphoses grises
    Les tempestaires sont de retours.

    Ils sont sortis de leur repaire
    Et gagnent l’onduleux séjour,
    Faufilent, cousent grandes orgues
    Ruisselantes
    Là où s’élançaient avec morgue
    Les sentencieuses parois
    d’ocre rouge.

    Sous un soleil de plomb
    Le ciel verse les graines brûlantes
    Pleurées en d’autres horizons.
    Le vent aux ailes de vautour
    Dépose une oasis sur le sable qui bouge.

    Posté par , le 27.10.05 à 00:55

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