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23.07.05

dernières notes sur le monde qui brûle

sunset1_filtered
(savane vers Waterberg, Namibie, le 15 août 03)

C’est bientôt la trêve estivale et le début d’un vaste inventaire. Avant La Lettre exhume des extraits de notes non publiées, emmagasinées au cours de l’année écoulée. A considérer comme un possible track-listing pour l'année prochaine.

La planète ressemble à un grand ballon glissant. Et personne ne sait vraiment où est la zone de buts. La gestion du monde a de moins en moins de prise. En a-t-elle jamais eu : bonheur collectif n’est dans aucun manuel.

Le débat sur le développement durable a déjà cessé d’exister. On prend des mesures législatives pour se donner bonne conscience à défaut de s’attaquer à la racine des problèmes. L’horizon des dirigeants et des élus est trop compartimenté pour une approche aussi pluridisciplinaire.

L’écologie est la discipline du vivant, de la vie de tous les êtres vivants. Il faut rapprocher les aspects sanitaires de l’humanité des problématiques environnementales – lesquelles incluent aussi l’environnement au travail et l’organisation de l’espace public.

Nos hommes politiques sont à l’écologie ce que ma grand-mère est à l’astrophysique. Aucune pensée n’est valable, aucune action n’est plus viable si elle n’inclut pas la considération écologique, de tout ce qui bouge et se meut d’un même pas sous nos étoiles.

Un discours n’est intelligent que s’il sait s’adresser à tous les hommes. Des changements s’imposent à tous les niveaux de la société. Changements de comportements, de mentalité. En finir avec les idées reçues, avec les jugements hâtifs, avec les terrorismes de l’âme et l’intellectualisme mondain. Glisser du courage et de l’écoute, comprendre en rapprochant les faits, non les théories, aller sur le terrain. Mobiliser l’imagination, partout. S’efforcer de trouver les mêmes contenus aux mêmes mots.

Johnny Hallyday a pris un sacré coup de vieux. Je croyais que les rockers mourraient jeunes.

L’évolution du terrorisme est plus rapide que celle des consciences visées. Les réactions des politiques occidentaux aux attentats sont invariables : « Jacques Chirac a fait part de son horreur et promet que les coupables seront sanctionnés ». Les discours s’appuient sur l’émotion du drame pour tenter de combler un manque crucial de réactivité.

A Sarkozy qui voit l’avenir du monde dans la production des biens, il faut lui démontrer que notre bonheur est dans la création des liens.

Nous aurons un monde de paix, petite Eva. Les nuages seront de la confiture de lait et la pluie juste un peu d’orangeade. Il y aura des nounours pour te garder le soir, et c’est avec des sous-rires plein les lèvres que tu achèteras des bonbons. L’école t’apprendra le chant des oiseaux et le nom des fleurs. A la télé, à la radio, on entendra des chansons de la mer, les informations parleront de la migration des baleines, de l’industrie florissante des citrouilles et des carrosses, de la bourse aux étoiles.

J’étais pas sûr que tu viendrais.

Posté par Richard G le 23.07.05 - rouge - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

    Les décideurs ne travaillent pas à l'échelle de la Terre.
    Tout juste sont assez bons pour grimper leurs propres échelons.

    Navrant.
    Il nous reste toi, nous et d'autres.
    Peut-être que cela suffira pour instaurer le respect.
    Pas forcément.
    J'ai mon avis. Ce n'est pas le moment.

    Posté par , le 12.08.05 à 16:27
  • lettre

    je suis

    Posté par , le 20.01.06 à 01:22
  • La photo

    On dirait un oeil, un oeil implacable, un troisième oeil qui nous regarde vivre dans notre monde absurde et suicidaire.

    Posté par , le 23.07.05 à 17:35
  • A qui confier Eva ?

    Oui,à qui confier Eva ? A part la Lune et le Pierrot qui va peut-être avec... Je ne vois pas... Mais il faudrait la réhydrater la lune...( avec nos larmes de pollués ?), la remeubler aussi un peu, mais c'est risqué !
    On va la laisser dormir un peu Eva. A son réveil, j'espère que nous aurons des solutions pour affronter son rêve survivant...

    Posté par , le 23.07.05 à 20:24
  • joli patchwork, c'est marrant j'ai un peu la même chose dans mes brouillons sur outlook, des messages aux amis commencés, interrompus, généralement pour une cause extérieure, un appel, un des enfants qui requière ma présence, la conscience soudaine de l'heure qu'il est et vite il faut que je file,
    et qui hélas restent ensuite en jachère, je ne sais plus ce que j'ai voulu dire, ou pire à qui je m'apprêtais à l'envoyer (pour ceux commencés le matin avant le bureau et retrouvés le soir après, cerveau lessivé).
    oui ça ressemble bien à ça.

    PS : Sarkozy devrait-il prendre des mesures pour la retraite des rockers ?

    Posté par , le 23.07.05 à 22:07
  • Je maintiens...

    ...que ces textes devraient être édités,avec la photo correspondante en regard.

    Posté par , le 24.07.05 à 12:12
  • D'accord avec Pancho

    Où sont les photos qui vont bien avec les textes...
    Allez ! Au travail !

    Posté par , le 24.07.05 à 22:17
  • D'accord aussi...

    ...parce que non seulement Richard G. a des idées fort justes et qu'il les exprime bien, mais en plus il nous offre en prime des images sublimes... Ce mec est trop !!!

    Posté par , le 24.07.05 à 23:10
  • Et si...

    "
    La planète ressemble à un grand ballon glissant.
    Et personne ne sait vraiment où est la zone de buts.
    La gestion du monde a de moins en moins de prise. En a-t-elle jamais eu : bonheur collectif n’est
    dans aucun manuel. "
    --> mais de quelle gestion parle-t-on? celle, mercantile, qui vise à toujours plus de croissance, en exploitant
    toujours plus les ressources naturelles?
    Car l'exploitation de nos ressources produit un déséquilibre...et si la recherche du bonheur collectif ne revenait qu'à une recherche d'harmonie?

    "Le débat sur le développement durable a déjà cessé d’exister. On prend des mesures législatives pour
    se donner bonne conscience à défaut de s’attaquer à la racine des problèmes. L’horizon des dirigeants
    et des élus est trop compartimenté pour une approche aussi pluridisciplinaire. "
    --> la "bonne conscience" a surtout des visées ... électives, non? Le pouvoir dépend encore d'un électorat,
    qui condamne tout de même certain actes qualifiés d'inhumain.
    mais en fait d'inhumanité, c'est de l'exploitation pur et simple qu'il s'agit.
    Alors on laisse ceux qui ont l'apanage de la parole exprimée des pensées rassurantes, destinées à endormire
    l'opinion.


    "L’écologie est la discipline du vivant, de la vie de tous les êtres vivants. Il faut rapprocher les
    aspects sanitaires de l’humanité des problématiques environnementales – lesquelles incluent aussi
    l’environnement au travail et l’organisation de l’espace public. "
    --> cela me parrait une évidence! Dans n'importe quel problème donné, on est obligé de prendre en
    compte un contexte vaste, et a fortiori celui qui a le plus d'impact, pour élaborer une ébauche de solution.
    L'écologie est intrinsèquement liée au développement des activités humaines, et par conséquent, à l'environnement
    de travail.

    "Nos hommes politiques sont à l’écologie ce que ma grand-mère est à l’astrophysique. Aucune pensée
    n’est valable, aucune action n’est plus viable si elle n’inclut pas la considération écologique, de
    tout ce qui bouge et se meut d’un même pas sous nos étoiles. "
    --> cf ce qui a été écrit précedement : que cherche le politique? Loin de moi le désir(vain) de ne leur donner
    aucune opinion propre.
    Cepdendant, quel poids pourrait avoir une quelconque opinion face "aux raisons mercantiles" qui gouvernent nos vie,
    aspect bien plus vrai que n'importe quelles autres politiques?
    L'économie, garant de la bonne marche du système, n'est pas l'amie d'une politique désintéresée, même si
    beaucoup de théorie économique veulent aller dans le sens du progrès sociale et du bien être humain.
    Cependant, nous(occidentaux)vivons la pluspart du temps avec des objectifs à très court terme, une vision de la rentabilité
    sur quelques années, ce qui implique d'aller toujours plus vite dans la satisfaction immédiate des besoins.
    Ce qui implique nécessairement qu'aucune action politique ne peut être durable et/ou réellement efficace sur
    le long terme.


    ""Un discours n’est intelligent que s’il sait s’adresser à tous les hommes. Des changements s’imposent
    à tous les niveaux de la société. Changements de comportements, de mentalité. En finir avec les
    idées reçues, avec les jugements hâtifs, avec les terrorismes de l’âme et l’intellectualisme mondain.
    Glisser du courage et de l’écoute, comprendre en rapprochant les faits, non les théories, aller sur le terrain.
    Mobiliser l’imagination, partout. S’efforcer de trouver les mêmes contenus aux mêmes mots. "
    --> cela implique d'être capable :
    1- de synthétiser,
    2- de procéder par analogie afin de filtrer les nouvelles idées.
    En finir avec les idées reçues ... vaste programme, qui impliquerait pour chacun une prise de conscience de ce que sont les idées reçues .
    Or, comment être conscient de quelques chose de l'ordre de l'instinctif, n'est ce pas?
    De même, etre capable d'écouter demande une certaine dose d'empathie, du temps, et une volonté sincère de laisser parler l'autre...sans le juger, c'est à dire sans se laisser
    submerger par nos idées reçues..

    "Johnny Hallyday a pris un sacré coup de vieux. Je croyais que les rockers mourraient jeunes. "
    --> bah, il a peut-être été cloné?

    "L’évolution du terrorisme est plus rapide que celle des consciences visées. Les réactions des
    politiques occidentaux aux attentats sont invariables : « Jacques Chirac a fait part de son horreur
    et promet que les coupables seront sanctionnés ». Les discours s’appuient sur l’émotion du drame
    pour tenter de combler un manque crucial de réactivité. "
    --> pour répondre à cela, si cela intéresse quelqu'un, on pourrait débattre sur : à qui profite le terrorisme?

    "A Sarkozy qui voit l’avenir du monde dans la production des biens, il faut lui démontrer que notre
    bonheur est dans la création des liens. "
    --> et pourtant, le discours ouvertement populiste de Sarkozy semble plaire...ce que j'observe avec pas mal d'effroie
    car cela montre que l'histoire ne nous a rien appris.
    Et que nous vivons sur des "idées reçues datant du 19ème siècle" concernant ce que doit être l'économie.
    L'avenir, tout du moins en France, ne s'inscrira plus dans la production de bien : il est évident que nous ne pouvons lutter
    face aux pays tels que la Chine ou l'Inde dans ce domaine.
    Donc oui, nous avons plus que jamais besoin de lien....pour fabriquer autre chose, non?

    "Nous aurons un monde de paix, petite Eva. Les nuages seront de la confiture de lait et la pluie
    juste un peu d’orangeade. Il y aura des nounours pour te garder le soir, et c’est avec des
    sous-rires plein les lèvres que tu achèteras des bonbons. L’école t’apprendra le chant des oiseaux
    et le nom des fleurs. A la télé, à la radio, on entendra des chansons de la mer, les informations
    parleront de la migration des baleines, de l’industrie florissante des citrouilles et des carrosses,
    de la bourse aux étoiles."
    --> soupir...

    "J’étais pas sûr que tu viendrais. "
    --> heuuuu ... ah?

    Posté par , le 25.07.05 à 10:10
  • Agnès, Pancho : pour les photos, faudra attendre que je me remette au travail. Ca tombe bien, je pars bientot en vacances.

    Démo : merci pour cette copieuse discussion. Je crains qu'à la question du terrorisme (à qui profite le crime?), il faille trouver des réponses (et des noms) dans cette même note...

    Fuligineuse : tu me fais rougir aussi vivement que la savane...

    Marie.Pool : si tous les enfants doivent s'endormir, qu'allons-nous devenir à notre réveil ?

    Gilda, pense à nous faire partager tes lumineux brouillons ! On n'est jamais assez (amateurs) éclairés...

    Alpha : un monde béta?

    Posté par , le 25.07.05 à 14:22
  • Sur le bonheur collectif et l'écologie : jamais jusque là, l'être humain avait disposé de tant de pouvoirs sur la nature et sur lui-même, de la conscience et des preuves de son influence sur la vie de sa planète et de son avenir.

    C'est en fait le début de l'écologie (en tout cas il faut l'espérer) et de la prise en compte de besoins contradictoires : ceux du développement inévitable de l'humanité face aux impératifs du maintien d'un équilibre garantissant l'avenir de tous.
    Il va falloir apprendre à partager et à se montrer attentifs à nos actions et à leurs conséquences.
    Nous n'en sommes qu'aux balbutiements de l'écologie vraie. J'ose croire qu'un jour le Ministre de l'Ecologie sera plus important que celui des Finances ou de l'Industrie, car il aura à arbitrer et mesurer ce qui est acceptable ou innaceptable en matière de développement.
    Mais on en est loin, c'est vrai.

    Mais dis donc, tu en as pleins des "rushes" de notes comme celles-ci ?

    Posté par , le 25.07.05 à 16:50
  • LaVitaNuda, tes commentaires sont un tel plaisir... Des rushes, y'en a. Mais fallait varier les plaisirs, et puis des pistes sont restées inexplorées because congestion des neurones surexploités par ailleurs.... On verra tout ça la saison prochaine

    Posté par , le 25.07.05 à 22:32
  • Alors j'ai hâte !

    Posté par , le 26.07.05 à 17:03

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