avant la lettre

[pages en regard]

15.07.05

infraliminaire

asilie_filtered
(asilie sp., Bois des Ramiettes, Theys, Isère, le 10 juil.05)

La solitude de ces jours gavés de travail dépouille les dernières certitudes. Je vois certes autour de moi des corps se mouvoir et parler, mais de quel droit puis-je affirmer aujourd’hui qu’ils sont habités par des consciences ? Ma conscience est la seule dont je puis tirer directement l’expérience. Tout le reste n’est qu’objet pour elle, pur spectacle pour cet unique spectateur. Et ce spectacle n’a jamais paru aussi inquiétant. Ce que la radio, la télé, la rue murmurent, loin de m’ouvrir à l’autre, m’emmurent au contraire dans le questionnement. Je n’ai plus assez de perceptions, plus assez d’émotions pour reconnaître celles des autres. Plus assez de sang pour reconnaître leur chair sous le geste.
(cette note n’est pas autobiographique – mais elle n’en est pas loin)

Posté par Richard G le 15.07.05 - vert - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    en tout cas, la "solitude des jours gavés de travail", hélas, ça me parle
    (je dis ça, je suis encore un peu en congés, donc ce n'est pas non plus autobiographique ... mais pas loin !)

    Posté par , le 16.07.05 à 00:20
  • Illusioniste!

    TOut n'est qu'illusion..ainsi une corde dans l'obscurité peut apparaître comme un serpent ou comme un bâton tordu, sans que la moindre modification ait lieu dans la corde elle-même.
    Notre rélité tient dans notre perception des choses , mais ce n'est pas LA réalité...
    Quand on se regarde le nombril , on est à la fois la corde et la conscience...Ne serions nous pas dupes de nous même?

    Posté par , le 16.07.05 à 07:22
  • nous sommes si seul dans notre boîte crânienne...heureusement que nous avons nos sens, car sinon...il y a de quoi devenir fou.
    Mais quand les sens s'émoussent, emprisonné dans un corps qui ne peut plus nous informer de quoique ce soit, à quelle atroce solitude la vie nous condamne alors.

    A part cela, partant du principe qu'effectivement nous n'aons l'expérience que de notre propre concsience, comment être certain que "les autres" en ont une?
    Nous avons depuis tout temps fantasmés sur une certaine idée d'une pensée unique. Les divers religion, l'engagement politique fervent...la psychologie! tous cela n'a qu'un seul but : dégager une "conscience universelle", appliquable pour le plus grand nombre...et devenant à coup sûr le garant de l'éxistence d'une concsience. En fait de conscience, tout cela ne s'apparente-t-il pas à un nivellement de nos perceptions, les individus étant progressivement dépossédés justement de leur propre conscience?
    mais...je m'égarre

    Posté par , le 21.07.05 à 10:40

Poster un commentaire