29.06.05
décolletage

(pulsatille des Alpes, Pulsatilla alpina - Col de Nordy, Saint-Michel en Beaumont, Isère, le 11 juin 05)
On s’aime, un peu, beaucoup, passionnément… Et puis un jour, plus du tout. Mais longtemps après la fanaison, les cheveux gardent la douceur des mains qui s’y étaient perdues.
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On ne peut pas se préserver d’avoir été. La porte qu’on fait claquer derrière soi, c'est encore de l’amour qui résonne.
27.06.05
le mur, toujours le mur
(sur les toits de Marrakech, quartier de la Médina, Maroc, le 9 avril 05)
[La peur, elle viendra un jour pour te bloquer le cœur, la peur, elle fait l’amour avec l'horreur – Johnny Hallyday, « La Peur » (Pierre Billon/Jean Renard)]
23.06.05
heart und dreisig (note à moi-même)
(girafe réticulée, Pan Etosha, Namibie, le 13 août 03)
21.06.05
procession d'effroi

(ascalaphe soufré - Libelloides coccajus, Col de Parquetout, Saint-Michel les Beaumont, Isère, le 11 juin 05)
L’été ferme les prières. Il absout les consciences, signe les permissions. Nulle délivrance pourtant. Aucun vent pour écarter l’herbe cramponnée à sa pauvre terre jaunissante, aucune pluie pour détordre les molles courbures du blé. Papillons comme cent petits chiffons pendants. Cigales comme cymbales désassemblées. Après le printemps, ce n’est plus le bonheur, ce n’est plus l’harmonie. Juste un qui-vive somnolent au front des palais. L’été est un temple dévasté et ses fidèles, jeunes merles et fauvettes éjointées, ont l’âme poreuse autant que le cœur fermé. On a beau dire, on a beau faire, l’été prolonge les misères.
18.06.05
the kid stays in the picture

(Aït-Harbi, "les doigts de singe", Gorges du Dadès, Maroc, le 11 avril 05)
15.06.05
contre-pied

(San Sebastian, Espagne, le 31 décembre 04)
12.06.05
la turquine

(bleuet, Col de Parquetout, Saint-Michel en Beaumont, Isère, le 11 juin 05)
J'aimais la grâce distante, presque sévère, dont elle
parait ses gestes dès qu'elle sentait mon regard sur elle. Les fils
barbelés autour de son coeur ne me dissuadaient pas, ils aiguisaient au
contraire mes propres armes. La cruauté, la netteté de cette enceinte
étincelante, proclamait la rigueur acérée que je devais investir pour
réussir à la séduire.
09.06.05
aurai-je aimé?

(oasis de l'Erg Chebbi, Merzouga, Er-Rachidia, Maroc, le 13 avril 05)
08.06.05
le soir, jour après jour
(rainette méridionale - Hyla meridionalis, Aït Harbi, Gorges du Dadès, Maroc, le 11 avril 05)
C’est dans l’attente que les choses se font. Le silence et l’immobilité, quand ils ne sont pas une résignation, remplissent les veines, préparent les cœurs et déplient les âmes. La fenêtre ouverte sur la nuit donne un nouveau sens aux jours. Jamais l’avenir ne promet d’être aussi fascinant qu’en ces moments imprégnés d’ombre et de doute, où le noir et la lumière se confondent.
05.06.05
la demoiselle

(caloptéryx vierge - Calopteryx virgo, Les Molières, Montvendre, Drôme, le 5 juin 05)
Dame que je vis au mitan du soleil, comme barquette allègre et seule. Dame chasseresse, sous sa beauté légère, prenait l'air de rien et finalement la mouche.
[Les libellules caloptéryx ont un comportement typique. Les mâles se tiennent immobiles sur la tige d'un arbuste, à environ deux mètres de haut, pour surveiller leur territoire. D'ici, ils chassent à l'affût, fondant sur les moucherons pour revenir immédiatement au même endroit et dévorer leur victime. Si un mâle de la même espèce vient à passer, le maître des céans plonge sur l'intrus, ailes écartées. L'affrontement éclate, toutes mandibules dehors, et peut durer quelques longues secondes. Le propriétaire n'est pas toujours vainqueur, même s'il occupe le coin depuis plusieurs jours. Si une femelle s'avance ici, le mâle vole à elle et recourbe son abdomen pour lui montrer son extrémité. Il la dirigera par la suite vers le lieu de ponte (mare ou ruisseau) pour la copulation.]




