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05.11.04

passez muscade

Nous ne retrouvons jamais le passé tel que nous l'avons vécu. Notre évocation est déformée par ce que nous sommes devenus et nos souvenirs évoluent avec nous-mêmes. La nostalgie est au choix un exercice esthétique du présent ou une distraction sensuelle, elle n'est jamais un retour au passé et les gens qui rapportent l'Histoire racontent bien des histoires. Conjurer l'irréversibilité des aiguilles, en passant de l'heure d'été à celle d'hiver par exemple, revient à retourner un sablier avec notre poussière dedans.

Posté par Richard G le 05.11.04 - rouge - Commentaires [20] - Permalien [#]

Commentaires

    Le passé, si on se retourne trop sur lui, on piétine. Il doit juste être là pour nous éviter de réitérer les erreurs d'autrefois mais pas plus ... Enfin, c'est comme çà que je le conçois ...
    Tu te lances dans les effets spéciaux maintenant ? C'est très chouette !

    Posté par , le 05.11.04 à 13:39
  • ...

    Une histoire de subjectivités, mais tout dépend de l'objectif visé par celui qui (ra)conte...
    Ton sablier, l'Eternité, et dans chaque grain, des mondes aléatoires.

    Posté par , le 05.11.04 à 13:51
  • ...

    La cristallisation?

    Posté par , le 05.11.04 à 14:13
  • La mélancolie, une si belle déclaration d'amour à ce nous avons perdu, mais dont notre corps garde intact chaque souvenir du 1er jusqu'au dernier souffle vital.

    Posté par , le 05.11.04 à 14:20
  • Conjurer l'irréversibilité des aiguilles... pour conjurer notre peur du moment où elles s'arrêteront d'avancer pour nous, sans doute, aussi...

    Posté par , le 05.11.04 à 14:48
  • je trouve les mots de LaVitaNuda très justes...
    même si nous enjolivons nos histoires du passé il n'est pas moins évident que les traces sont indélébiles...

    Posté par , le 05.11.04 à 15:10
  • Je ne sais que dire.
    Mais c'est plaisant.

    Posté par , le 05.11.04 à 15:32
  • Ludecrit > La Vita Nuda a toujours des mots très justes. Quant aux traces du passé, c'est un autre problème. Il est vrai qu'au fil du temps, "les visages conservent les masques qu'ils ont portés" (je ne sais plus de qui c'est).

    La Miss > effet spécial, pas tant que ça ! Juste une très longue pose (2 secondes) depuis une terrasse de resto au début de la nuit.

    Justemoi > l'Eternité existe tant qu'il nous est permis de songer à elle. Mais après...

    Posté par , le 05.11.04 à 15:45
  • Je dirais plutôt que "l'éternité" existe par notre propension à ne pas penser à notre fin.
    L'éternité...est à la fois concevable et inconcevable : on ne peut la vivre, mais on peut l'imaginer.
    Après tout, pourquoi ne pas considérer chaque instant présent comme une petite éternité ?

    Posté par , le 05.11.04 à 15:58
  • Temps, va la cruche !

    Présent, notre prison (a)dorée.

    Posté par , le 05.11.04 à 16:04
  • un passé au gout muscade, je trouve cela joli comme metaphore a condition d'aimer la muscade bien entendu!!
    Mais nous sommes constamment dans le sablier non ?
    Sinon nous marchons a coté du présent..ou alors je n'ai rien compris au temps.. heu quelle heure il est deja ?

    Posté par , le 05.11.04 à 16:18
  • Démo, j'accepte volontiers ta conception des choses. Et verser un peu d'éternité dans chaque seconde qui passe, n'est-ce pas un pas vers le bonheur? La jouissance, définie comme une petite mort, jonche notre vie pour en faire un (presque) éternel recommencement. Mais je m'égare un peu là...

    ST : Vite, vite, le présent, qu'il vienne, qu'il reste ! Il est où ? Il est là ! Où ça? ^()^

    Posté par , le 05.11.04 à 16:20
  • Bé@, ta remarque rejoint celle que j'ai formulée pour ST (mais pourquoi tu écris pendant que je réponds aux commentaires aussi?? ) Marcher à côté du présent, oui, tant qu'on ne marche pas à côté de ses pompes...

    Posté par , le 05.11.04 à 16:22
  • les reflets de notre histoire sont peut-être justement ce que nous en gardons... quand tout est épuré l'essentiel reste...

    Posté par , le 05.11.04 à 16:49
  • j'ai suivi les petits cailloux qui menaient à toi

    Posté par , le 05.11.04 à 16:50
  • Lunaba, tu as vu les lucioles, elles t'ont escortée tout au long du paseo maritimo, et là, au bout à droite, face aux vagues, y'avait un pêcheur, sans hameçon au bout de sa ligne. Bienvenue.

    Posté par , le 05.11.04 à 17:28
  • Allons bon, on va se faire engueuler parcequ'on ecrit en mm temps que lui !!!Je t'ai coupé la parole alors ? Désolée, présentement je présente mes excuses .. Qu'est ce que je suis mal élevée!!

    Posté par , le 05.11.04 à 17:54
  • En regardant cette photographie, le murmure des fantômes frôle mon oreille, sons inarticulés, musique pour un autre temps.
    Je regarde les pieds des fantômes, ces pieds si lourds, ils étaient ainsi, c'est vrai, pesant leur poids de quotidien, comme nous ce soir.
    Et maintenant si légers, transparents, évanescents, je cherche la trace de leurs corps disparus, mon regard ne porte pas assez loin et se perd entre mer et ciel.
    J'ai perdu aussi la forme de leur visage, le son de leur voix, mais je me souviens de leur démarche, de ces pieds posés sur le sol, comme ici. Alors, merci.

    Posté par , le 05.11.04 à 19:20
  • Enfin !

    Enfin!
    Grâce à un commentaire lu ce jour chez Falo, je sais que vous n'êtes plus perdu pour nous dans la nébuleuse des blogs...
    Votre post de ce jour m'a tellement plu que, je l'ai passé sur mon blog avec un lien bien sûr, n'étant pas capable de faire un trackback.

    Heureuse renaissance.

    Amitiés virtuelles,

    AURORA

    PS: Je passe ce commentaire pour la seconde fois car cela n'imprime pas. S'il y en a une de trop, charge vous est laissée de l'éliminer.
    Sourire...

    Posté par , le 06.11.04 à 00:55
  • Samantdi > ton inspiration est belle à lire. Merci pour ta jolie contribution.

    Aurora > rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme Merci pour ton signe d'amitié, je te le retourne sans tarder. A bientôt.

    Posté par , le 06.11.04 à 09:26

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